[Reconfinés] Après la peur de la faillite, un reconfinement plus optimiste pour la restauratrice Christine Jean-Baptiste

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C jean-Baptiste masquée dans son restaurant l'ile de la reunion
Christine Jean-Baptiste dans son restaurant l'ile de la Réunion, Paris XIV. ©Mourad Bouretima
Premier jour de reconfinement dans l'Hexagone. Les restaurateurs doivent à nouveau s'adapter. C'est le cas pour la Réunionnaise Christine Jean-Baptiste, gérante de plusieurs restaurants créoles sur Paris.
Le Réunionnaise Christine Jean-Baptiste n’est pas inquiète en ce premier jour de reconfinement. La gérante du restaurant L’Ile de la Réunion, situé dans le quatorzième arrondissement de la capitale, s’y préparait déjà depuis plusieurs jours. “J’attendais, je pressentais ce deuxième confinement, car malgré le couvre-feu, on voyait bien que les hôpitaux étaient quand même saturés.”

Dès la semaine dernière, elle met en place de nouveaux outils informatiques pour installer un “click and collect”. “J'ai commencé à communiquer dessus sur les réseaux sociaux et j'ai contacté une agence de communication : en ce moment ils ont des prix très attractifs pour les restaurants.”Christine est plutôt optimiste et espère bien faire fonctionner ses restaurants ainsi (elle est aussi propriétaire de Ti Case créole, situé dans le quatorzième arrondissement également). “Le président l’a dit, le premier ministre l’a répété hier : il faut continuer à faire marcher l’économie et j’espère que les Français vont comprendre ça.”


Deliveroo, Uber eats…non,  "click and collect" !

"On m’a démarchée hier pour me proposer d’être sur leur plateforme, raconte la restauratrice, mais il n’y a pas de suivi. On m’avait déjà démarchée il y a deux mois, j’avais envoyé la carte mais rien n’avait été fait.” Par ailleurs, la commission  étant “très importante -30%-", Christine Jean-Baptiste a préféré opter pour la solution du click and collect.

Nous, on est à Paris, on va essayer de travailler avec les gens qui sont à proximité. 

Christine Jean-Baptiste


Christine Jean-Baptiste avait déjà pensé mettre cela en place dès le premier confinement, mais rien de très concluant : “ce qui change, c’est que les gens savent maintenant à peu près comment ça fonctionne, on a des masques, on peut sortir, on a du gel, on a compris qu’il fallait instaurer la distanciation sociale, faire attention, je pense que dans la tête des gens, l’approche est totalement différente par rapport à la première fois.”

Cela dit, la restauratrice espère également mettre en place un système de livraison indépendant dès la semaine prochaine, avec paiement des clients sur le site internet du restaurant.


Positive attitude

“Je pense que cette fois-ci, on sera beaucoup plus nombreux à faire de la vente à emporter, parce que sur les attestations, il y a une case qu’on coche pour aller récupérer une commande” , explique Christine Jean-Baptiste.
capture d'écran attestation déplacement confinement
*Le retrait de commande fait partie du paragraphe concernant les achats de première nécessité. ©capture d'écran

Bref, la Réunionnaise envisage ce deuxième confinement de manière beaucoup plus sereine que le premier. Et notamment parce que cette fois-ci, les enfants pourront aller à l’école. “Je suis maman de deux enfants qui ont neuf et douze ans et c’est vrai que ce n’est pas pratique de cumuler travail et éducation de ses enfants en même temps. Or, il fallait faire l’école pendant le premier confinement, c'était vraiment difficile.” 
Christine jean-Baptiste, gérante du restaurant L'ile de la Réunion reconfinement
Christine Jean-Baptiste, gérante du restaurant L'ile de la Réunion a lancé un système de click and collect pour faire face au reconfinement (Paris XIV). ©Mourad Bouretima
Autre point positif, les aménagements au niveau des aides de l’Etat. “La première fois, il y a eu une énorme peur, une angoisse : on a eu l’impression qu’on allait faire faillite, alors que là, on se dit qu’on va quand même essayer de travailler.”
 

Plus de trésorerie qu'en mars

“Avec les PGE (Prêt garanti par l’Etat, ndlr) qui ont été pris avant, il y a un peu de trésorerie sur le compte, donc ça va." Et Christine de préciser : “si le premier confinement a été très dur aussi, c’est parce qu’il est arrivé après la grève sur les retraites et moi, je n’avais vraiment pas de trésorerie.”
La restauratrice pense pouvoir bénéficier du fonds de solidarité - il est passé de 1500 à 10 000 euros pour les entreprises de moins de 50 salariés de certains secteurs sinistrés, ndlr-. Elle explique :

Il faut faire moins de 50 % de son chiffre d’affaires de l'année dernière pour en bénéficier. Or, même si on arrive à faire du click and collect et qu’on tourne bien, je pense qu’on n'arrivera pas à dépasser les 50 % de notre chiffre d’affaires. Si on le dépasse, tant mieux, mais je suis partie dans cette optique là.


Pour faire face, la restauratrice a quand même dû mettre six personnes au chômage partiel, mais elle a gardé ses apprentis -”déjà une ce ne sont pas des personnes à risque parce qu’ils sont très jeunes et puis effectivement il n’y a pas de charges et les salaires sont plus bas”-. Grâce aux dispositifs d'aide, elle peut également faire travailler un cuisinier, en le mettant toutefois en chômage partiel la moitié du temps.

Avant le premier confinement, L'île de la Réunion faisait en moyenne 200 couverts par jour. Cet été, le restaurant avait réussi à atteindre 80 % de son chiffre d’affaires de l’année passée. Mais depuis le couvre-feu, sa moyenne était retombée à 30 couverts par jour.
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