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La crise du nickel évitée de peu en Nouvelle-Calédonie

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Nickel usine
©THEO ROUBY / AFP
Les parlementaires ont adopté dans la nuit de mardi à mercredi une aide financière conséquente aux usines de nickel Valé et SLN en Nouvelle-Calédonie. A droite comme à gauche, les députés ont voté, une enveloppe de plus de 500 millions d’euros, dans le cadre du projet de loi de finance rectificatif
Le nickel est une richesse incontournable pour la Nouvelle-Calédonie mais qui fluctue au gré des cours. Si en 2007 l’activité représentait 20% du PIB du pays, ce taux n’a cessé de décroître. Il était en 2014 à moins de 10 pour cent du produit intérieur brut. La conjoncture mondiale morose, la chute du cours du nickel, la compétitivité internationale de plus en plus forte… Autant de facteurs qui plombent les usines. Pour éviter la cessation d’activité et une crise sociale sans précédent qui peut aussi se transformer en crise politique, l’Etat a décidé de renflouer les caisses.


Un vote évident

Valls Nouvelle-Calédonie
©THEO ROUBY / AFP
Un vote sans prise de position politique. Certes, à une heure du matin, les députés sont moins en verve, mais,  la situation est grave. C’est toute une économie qui risque de s’écrouler si aucune aide financière n’est apportée. Une aide annoncée dès avril 2016 par Manuel Valls, alors premier ministre, en visite en Nouvelle-Calédonie.
Dans l’hémicycle, le vote  n’est donc qu’une pure formalité, même pour l’opposition. Mais Christian Eckhert,  secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie, prévient : "Pour que tout cela réussisse, il faut que l’ensemble des parties concernées soutiennent la filière. Bien sûr, les industriels ils le font, c’est leur métier, mais aussi, par certaines dispositions,  les collectivités territoriales doivent comme l’Etat, marquer leur engagements". 
 

320 millions pour la SLN

Nickel SLN
©THEO ROUBY / AFP
Une garantie financière de l’Etat pour permettre à la SLN, l’usine de nickel dont l’Etat est actionnaire minoritaire via le groupe Eramet, de construire une centrale électrique au gaz. D’une puissance de 200 méga watts, elle devrait voir le jour en 2021 et remplacer celle au fuel, vielle de 50 ans.

Cette nouvelle centrale, plus écologique, devrait permettre de mieux respirer dans la capitale. Un plus pour la santé que met en avant lors des débats dans l’hémicycle, le député de Nouvelle-Calédonie, Philippe Gomez: "La vielle centrale au fuel maintenant cinquantenaire, qui sert à l’alimentation de l’usine (SLN ndlr) va voir grâce à la centrale au gaz, ses émissions de CO2 divisées par deux, celle d’oxyde de soufre disparaitre, d’oxyde de d’azotes divisées par trois et de poussières divisées par 50". Cette centrale devrait également permettre à l’usine d’être plus compétitive, en améliorant ses prix de revient. Elle devra aussi alimenter en électricité une partie de la population.
 

200 millions pour l'usine Vale 

Un prêt à une usine privée, contrôlée par une multinationale étrangère. Une première pour le gouvernement Français qui veut à tout prix éviter la faillite ou laisser en sommeil l’usine dans laquelle plus de trois mille emplois directs et indirects sont concernés. Le producteur brésilien installé à Goro, dans le sud de la Nouvelle-Calédonie, bénéficie, outre ce prêt, d’une contre garantie de l’Etat de 220 millions d’euros. Une somme conséquente qui devrait permettre à l’entreprise de réaliser des investissements majeurs concernant la modernisation de l’usine comme le remplacement du barrage actuel par la construction d’un stockage à sec de résidus miniers. Des prêts qui s’étalent sur 20 ans. 

Regardez le reportage de Karine Sigaud-Zabulon, Philippe Hernando, Bruno Roux et Olivier Canneval: 
©la1ere

 

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