Crise sanitaire et billets d'avion hors de prix : ces étudiants ultramarins qui vont passer les fêtes dans l'Hexagone

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Valises à l'aéroport
©Archives francetvinfo
Rentrera, rentrera pas ? La question revient chaque année dans la tête des étudiants ultramarins installés dans l’Hexagone. En plus du prix du billet qui en décourage plus d’un, la crise sanitaire et la peur de contaminer des proches dissuadent les étudiants de rentrer au pays.
Vous pourrez aller en Outre-mer pour Noël”, a annoncé le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari le 1er décembre. À partir du 15 décembre, tous les passagers à destination des territoires et collectivités ultramarines pourront voyager sans avoir à justifier d’un motif impérieux. Il sera toutefois obligatoire de présenter, avant d’embarquer, un test négatif de moins de 72 heures. 
Malgré cette annonce, la Guyanaise de 23 ans Marine Yago, étudiante en région parisienne, n’a pas prévu de rentrer à Cayenne cette année. “J’aurais bien aimé pouvoir rentrer cette année mais je vais rester ici, à cause du contexte sanitaire”, explique-t’elle. Même son de cloche pour Jessé Kavakava, étudiant originaire de Wallis et Futuna et installé à Paris depuis plusieurs mois. En pleine période de crise sanitaire liée à la propagation du COVID-19, il préfère rester dans l’Hexagone et ne pas prendre le risque de contaminer ses proches. “Il y a la crainte de véhiculer la maladie alors que le virus ne circule pas trop à Wallis et Futuna. Même si je ne suis pas malade, je préfère rester à Paris”. 
 

Des billets d'avion toujours chers 

Si j’avais décidé de rentrer, je n’aurais pu rester qu’une ou deux semaines. Je ne vois pas trop l’intérêt vu la distance et le prix du billet”, déclare le jeune homme. En effet, en cette période de fin d’année, les billets d’avion au départ de Paris et à destination des Outre-mer sont bien souvent hors de prix. 

Si les compagnies aériennes avaient annoncé casser les prix à la mi-octobre en raison de la crise économique liée à l'épidémie de COVID-19, les prix des billets d'avion au départ de Paris et à destination des Outre-mer sont déjà repartis à la hausse. L'an dernier à la même époque, la direction générale de l'aviation civile (DGAC), avait enregistré une hausse moyenne de 10,5% du coût d'un billet d'avion pour aller vers les DOM. Une hausse de 11,8% au départ des départements et territoires d'Outre-mer était également signalée par l'organisme. 
 

Regardez l'interview de Jessé Kavakava et Marine Yago

 
 

S’organiser autrement 

Si ces étudiants s’apprêtent à passer les fêtes loin de leurs proches, ils ne seront pas pour autant livrés à eux-mêmes. A l’instar de l’étudiante wallisienne Lolosei Fuaga. Installée à Lyon pour faire des études de gestion, elle ira passer les fêtes chez son oncle qui vit à Agen. “J’ai une deuxième famille un peu partout en Métropole, à Agen, à Bourges… Ce n’est pas mon premier Noël hors de Wallis. Mes parents savent que je reste pour de bonnes raisons et ils sont très patients”, affirme l’étudiante. Voilà de longs mois qu’elle n’a pas pu les voir et dit être pressée de les  retrouver pendant les grandes vacances. 

Je vais passer Noël et les fêtes de fin d’année à Toulouse avec mes amis. On va s’amuser un peu et faire avec ce qu’on a. Je ne serai pas toute seule”, explique Marine Yago. “C’est vrai qu’il y a beaucoup d’étudiants ultramarins qui sont seuls pour les fêtes parce qu’ils ne peuvent pas rentrer", constate la jeune étudiante, avant d'ajouter : "mais moi j’ai cette chance d’avoir dans l’Hexagone un entourage qui va me permettre de passer de bonnes fêtes de fin d’année”.

Jessé Kavakava, de son côté, va passer les deux réveillons à Paris, avec des proches. “Ce sera forcément un moment de joie et de retrouvailles. J’attends ce moment parce qu’en tant qu’étudiant, je suis souvent stressé à cause des cours. Être ensemble va m’apporter plein d’ondes positives !” Seule ombre au tableau : le frère de Jessé, militaire basé à Belfort, ne sera malheureusement pas de la partie...