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Cuba : Raul Castro maintient le cap économique et exclut toute "thérapie de choc"

Ni "thérapie de choc", ni "privatisations": le président cubain Raul Castro a prévenu samedi que l'Etat garderait la main sur l'économie de l'île, douchant les espoirs nourris ces derniers mois par le rapprochement spectaculaire engagé avec les Etats-Unis. 

Raul Castro durant son discours à l'ouverture du Congrès du Parti communiste de Cuba (PCC), le 16 avril 2016. © ISMAEL FRANCISCO/Cuba Debate /AFP
© ISMAEL FRANCISCO/Cuba Debate /AFP Raul Castro durant son discours à l'ouverture du Congrès du Parti communiste de Cuba (PCC), le 16 avril 2016.
  • La1ere.fr (avec AFP)
  • Publié le , mis à jour le
A l'ouverture du Congrès du parti communiste de Cuba (PCC), grand-messe du parti unique qui doit définir la ligne politique des cinq prochaines années, Raul Castro a prévenu que les réformes économiques en cours se poursuivraient, mais sans s'écarter du chemin tracé lors du précédent Congrès de 2011.
        
"Cuba ne pourra jamais se permettre l'application de ce qu'on appelle les thérapies de choc, souvent appliquées au détriment des classes les plus défavorisées de la société", a prévenu M. Castro, 84 ans, dans un discours de plus de deux heures prononcé moins d'un mois après la visite historique du président américain Barack Obama.
        
"Les formules néolibérales qui prônent la privatisation accélérée du patrimoine d'Etat et des services sociaux, comme l'Education, la Santé et la Sécurité sociale, ne seront jamais appliquées sous le socialisme cubain", a encore asséné le président cubain, qui a succédé à son frère Fidel en 2008.
        

Un modèle à bout de souffle

Dans la foulée du précédent Congrès, les 1.000 délégués du parti doivent évaluer l'avancée des 313 mesures économiques approuvées en 2011 pour "actualiser" un modèle à bout de souffle, calqué sur celui de l'ex-URSS. Mais le président cubain a prévenu que l'économie d'Etat, qui concentre 80% de l'activité sur l'île, "continuerait de constituer la forme principale de l'économie nationale et du système socio-économique", et que le développement des structures privées demeurerait sous contrôle.


Les formules néolibérales qui prônent la privatisation accélérée du patrimoine d'Etat et des services sociaux, comme l'Education, la Santé et la Sécurité sociale, ne seront jamais appliquées sous le socialisme cubain" (Raul Castro)

        








"L'entreprise privée évoluera dans des limites bien définies et constituera un élément complémentaire du cadre économique du pays", a-t-il martelé, prédisant l'échec des "aspirations de puissantes forces extérieures" désirant déstabiliser la "révolution" en encourageant le développement du secteur privé. Réunis à huis clos jusqu'à mardi, les caciques du PCC doivent aussi approuver un programme de développement économique et social qui sera appliqué bien après le départ de Raul Castro, prévu pour 2018, puisqu'il couvre la période 2016-2030.
        
Pour moderniser son économie, Cuba s'est dotée d'une loi favorisant les investissements étrangers dans un cadre strict, et a ouvert son économie aux petits entrepreneurs indépendants. Selon les médias officiels, 21% des 313 mesures économiques ont déjà été menées à bien et 77% sont encore en phase de mise en place. Restent 2% mises de côté pour l'instant, "pour diverses raisons".
        

L'ouverture annoncée devrait prendre du temps

En parallèle, la diplomatie cubaine s'est activée, menant un spectaculaire rapprochement avec les Etats-Unis et établissant un cadre de dialogue avec l'Union européenne. Mais l'ouverture annoncée par beaucoup devrait prendre du temps, vu la prudence affichée par les autorités et la lenteur de certaines réformes programmées, comme la suppression du système de double monnaie qui perdure depuis 2004.
        
Le Congrès du PCC devrait aussi se pencher sur une réforme électorale prévue à l'horizon 2018, qui prévoit de limiter les plus hautes fonctions de l'Etat à deux mandats de cinq ans. Enfin, le PCC devra élire son nouveau Comité central (116 membres actuellement) et son organe directeur, le Bureau politique (14 membres), saint des saints du pouvoir cubain. Les observateurs vont scruter sa nouvelle composition, qui devrait fournir des enseignements sur l'orientation idéologique et générationnelle du parti en vue de la transition à venir.

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