"Le Dérangeur", lexique impertinent du racisme, sort en pleine affaire George Floyd

livres
Le Dérangeur
Abolition, Bumidom, chlordécone, touristes zouk... "Le Dérangeur" est un abécédaire drôle et militant, co-écrit par une Martiniquaise, une Sénégalo-Malienne, un Béninois et une Camerounaise. 
Exotique [ɛgzɔtik] adj. : Mot utilisé par des individus qui se pensent comme la norme, [...] sans se douter une seconde qu’ils incarnent eux-mêmes la touche exotique de beaucoup d’autres personnes. Dans son abécédaire, Le Dérangeur use parfois d'ironie pour déconstruire une société blanche et poser un regard noir sur notre monde contemporain.
 

On parle de ce qu’on aime, de ce qu’on n'aime pas, de ce qu’on déteste, de ce qui nous touche, de ce qui nous questionne, de ce qui nous dérange.

 
Les auteurs du Dérangeur

Christiano Soglo, Binetou Sylla, Rhoda Tchokokam et Célia Potiron habitent à Paris. Ils ont entre 25 et 33 ans, et depuis trois ans ils animent Piment, une émission de radio sur les cultures noires. “On parle de ce qu’on aime, de ce qu’on n'aime pas, de ce qu’on déteste, de ce qui nous touche, de ce qui nous questionne, de ce qui nous dérange”, explique Célia Potiron, née en Martinique et qui vit à Paris depuis plus de 10 ans. Le livre est un aboutissement de ces conversations.
 

Békés, Bumidom, chlordécone, réparations, victimisations, zouk…

Les quarantes mots et expressions de l’abécédaire permettent d’aborder de manière fine et rigoureuse le thème du racisme anti-noir. Béké, Bumidom, chlordécone, réparations, victimisations… tout y passe.  L’esprit du texte varie d’une ligne à l’autre. Instructif (en Guadeloupe et en Martinique, le mot "zouk" désigne au départ un dancing ou une salle de bal, avant de définir un genre musical), il est aussi dénonciateur (pourtant, le regard posé sur lui en France hexagonale est empreint de condescendance et de mépris). Il peut-être également drôle et corrosif.
  

Edouard Glissant, Franz Fanon, Maryse Condé

Aucun des quatre auteurs n’est sociologue ou historien, mais toutes leurs idées s’appuient sur des pensées d’auteurs dûment référencés. Edouard Glissant, Franz Fanon, Maryse Condé…. Le livre s’adresse aux personnes noires, celles qui aiment l’être, qui le sont par défaut ou par choix politique, dit le livre. “Mais si d’autres curieux souhaitent le lire, ils sont aussi les bienvenus”, rajoute Célia Potiron.

Ecouter le reportage de Tessa Grauman sur Le Dérangeur :

Le Dérangeur


 
Les Outre-mer en continu
Accéder au live