outre-mer
territoire

Deux visions de l'avenir de la Polynésie se confrontent à l'ONU

politique
Deux visions de la Polynésie et de son avenir se sont confrontées mardi aux Nations unies, l'une avec la France, et l'autre contre elle, devant la quatrième
commission de l'ONU chargée des questions de décolonisation.
Le président de la Polynésie Edouard Fritch, est venu défendre "un dialogue ouvert avec l'Etat français". L'un de ses principaux rivaux, le chef de parti indépendantiste Oscar Temaru, a fait venir 17 pétitionnaires, des élus ou des acteurs de la société civile, qui se sont attachés à démontrer le contraire.
 

Le nucléaire

Beaucoup ont centré leur intervention sur la question nucléaire. "Il y a eu 193 tirs, ce qui équivaut à une puissance nucléaire de 800 fois la bombe de Hiroshima", a ainsi clamé à la tribune le père Auguste Carlson, président de l'association 193, une des principales organisations à militer contre le nucléaire. "La Polynésie est une poubelle nucléaire réalisée par la France", a-t-il poursuivi, avant de dénoncer "un taux élevé de maladies transgénérationnelles, où la plupart de nos enfants développent des cancers liés au sang, de la thyroïde, des malformations".

Quelques minutes plus tôt, Edouard Fritch avait assuré être "pleinement mobilisé sur ce sujet préoccupant". Mais il a rappelé que la France avait reconnu le fait nucléaire, et versait une rente annuelle de "180 millions de dollars" en compensation. Il s'est félicité "d'avancer sur la bonne voie", en insistant sur "la concertation ouverte et permanente avec les autorités de l'Etat français".


Deux visions opposées

Les pétitionnaires se sont inquiétés de voir la gestion de ses ressources naturelles sous-marines échapper à la Polynésie française au profit de la métropole, une crainte qu'Edouard Fritch a jugée "totalement infondée". Le président a insisté sur la large autonomie dont jouit la Polynésie française, et sur le rejet constant de l'indépendance par les électeurs polynésiens. Il a demandé que sa collectivité ne soit plus inscrite sur la liste des territoires
non-autonomes à décoloniser.

La Polynésie française y avait été réinscrite en 2013, à la demande des indépendantistes. Cette réinscription entraîne un processus de décolonisation, pour le moment rejeté par la France, et qui peut déboucher sur un référendum d'autodétermination.
 
Publicité