DOCU. "JO, des îles en or" : l’incroyable aventure humaine et sportive des athlètes ultramarins

jeux olympiques
"Si on retire tous les Antillais de l'équipe de France, il va rester quoi ?" Dans ce documentaire exceptionnel, de nombreux champions venus des Outre-mer témoignent de leurs parcours remarquables jusqu'au sommet de l'Olympe. Ils racontent aussi les difficultés pour y parvenir. A voir ici.

Depuis les années 2000, le nombre de médailles obtenues par les sportifs ultramarins ne cesse d’augmenter : 8 médailles à Athènes en 2004 contre 17 en 2016 aux Jeux de Rio. A l’approche des Jeux Olympiques de Tokyo et dans la perspective des jeux organisés à Paris en 2024, le documentaire "JO : des îles en or " met un coup de projecteur sur ces sportifs aux performances exceptionnelles et rend hommage à ces champions qui procurent à la France médailles et titres olympiques .

Si on retire tous les Antillais de l'équipe de France, il va rester quoi ?

Antoine Chérubin, directeur honoraire du CREPS Antilles-Guyane

Les précurseurs

L’histoire commence avec Roger Bambuck qui reste à ce jour le seul sprinter français à avoir été recordman du monde du 100 mètres en 1968. A la même époque, Marlène Canguio est la première guadeloupéenne à participer aux Jeux Olympiques en 1964 à Tokyo.

En 1984, à Los Angeles, deux Guadeloupéennes et deux Martiniquaises compose l'équipe féminine du 4X100 mètres. Elles termineront 4ème à un centième de la 3ème place. 

JO, des îles en or
JO de Los Angeles 1984, la première équipe entièrement antillaise et entrainée aux Antilles du 4X100 mètres : Rose-Aimée Bacoul, Liliane Gaschet, Marie-France Loval et Raymonde Naigre ©Outside films

Témoignages et confidences des plus grands champions ultramarins 

Les médaillés olympiques Teddy Riner, Marie-José Perec, Malia Metella, Jackson Richardson et Yannick Borel, pour ne citer qu’eux, témoignent et se confient sur leurs parcours. Cette immersion dans la vie intime de ces femmes et de ces hommes, dans leurs difficiles quêtes de gloire et de médailles, met le focus sur les efforts consentis par tous pour en arriver là. 

En 1984, lorsque je démarre l’athlétisme, j’ai 16 ans, je suis dans ma rivière en train de pêcher des écrevisses. Je ne sais pas que le grand Carl Lewis existe quelque part dans le monde.

Marie José Perec

JO, des îles en or
Marie José Perec ©Outside Films

 

Le prix à payer : le déracinement

Pour parvenir au sommet, ils ont quitté leurs proches et se sont éloignés de leur famille pour venir s’entraîner à l’ INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance), en région parisienne. Contraints de passer leur week-end seuls pendant que leurs co-équipiers rentrent chez eux se faire dorloter. Tous gardent un attachement profond à leur terre natale et à leurs racines et apprécient de pouvoir rentrer régulièrement "se ressourcer".

"Un arbre qui n’a pas de racines, n’a pas d’intérieur."

Jackson Richardson

 

JO, des îles en or
Jackson Richardson ©Outside Films

 

Le racisme

La plupart des champions interrogés dans le documentaire en ont souffert et certains en souffrent encore, comme en témoigne non sans émotion la handballeuse Allison Pineau, victime d’insultes racistes en 2016 lors d’un match en Roumanie. Le problème reste prégnant. Plus récemment le 28 juin 2020, des inscriptions racistes ont été taguées sur des photos des JO de Rio exposées sur les grilles extérieures de l’INSEP. 

JO, des îles en or
La réponse d'Allison Pineau aux insultes qu'elle a subies ©Outside Films

 

Avec les témoignages et interventions de :
Allison Pineau ( Handball) / Yannick Borel ( Escrime) / Maxime Grousset (Natation) / Amaury Golitin (Athlétisme) / Dimitri Demonière  (Entraîneur à l‘INSEP) / Daniel Picouly (Auteur - Historien) / Jean-François Toussaint (professeur de physiologie)  / Jackson Richardson (Handball) / Jean-Marc Mormeck (Boxeur) / Malia Metella (Natation) / Marie- José Perec (Athlétisme) / Teddy Riner (Judo) / Antoine Chérubin (Président honoraire du CREPS)  / Marlene Canguio (Athlètisme) / Harry P. Mephon (Historien) / Philippe Borel / Lucien Sainte Rose (Athlétisme) / Fabrice d ‘Almeida (Historien et Journaliste)

Réalisation : Jean-Pierre Devillers
Production : Outside Films - Les Zanfan Terib
Durée : 66 minutes
2021