publicité

Interviews des comédiens

4 questions aux 4 brigadiers de la série OPJ Pacifique Sud

© Delphine Mayeur
© Delphine Mayeur
  • Par Aude Gauthier
  • Publié le , mis à jour le
Yaëlle Trulès (Clarissa Hoarau)
Présentez-nous votre personnage dans la série OPJ Pacifique Sud.
Yaëlle Trulès : Clarissa est une femme de son temps : simple, pleine de défauts et d’humanité. Parfois débordée par ses responsabilités (surtout à la maison), très sensible et légèrement parano. Sous la carapace autoritaire due à sa fonction, on sent l’empathie et la douceur.
C'est aussi une jeune veuve qui se remet à vivre, qui espère pouvoir aimer à nouveau un jour, malgré un travail prenant et une vie de famille éprouvante… Elle est tombée plusieurs fois au plus bas (une mutation forcée, la mort de son mari…), sa devise pourrait être « Ce qui ne tue pas rend plus fort », même si à l’intérieur sa fragilité et ses failles prennent souvent le dessus.
Comment s’est déroulé ce tournage en Nouvelle-Calédonie ?
Y. T. : C’était très intense, on était sur un rythme effréné en termes de production, beaucoup d’émotions diverses à jouer, des rencontres bouleversantes et une belle solidarité au sein de l’équipe. La Nouvelle-Calédonie est une terre puissante, énergisante, touchante et j’y ai désormais des amis chers à mon cœur !
Comment vous êtes-vous préparée à ce rôle ?
Y. T. : 
J’ai laissé les émotions de Clarissa me traverser sans retenue. Je m’attachais à méditer et à me centrer tout au long du tournage pour être ancrée à la terre, connectée au moment présent et à mes partenaires. Du coup, il y a beaucoup de moi dans cette femme !
J’ai aussi interrogé des femmes et des hommes de la police, analysé le texte dans lequel les auteurs ont laissé énormément d’informations, mais qu’il fallait recouper, afin de construire ma petite « cuisine personnelle ».
Le tournage est terminé depuis peu. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Y. T. :
 Je suis très heureuse de retrouver ma petite famille, mes amis et mon île pour passer des vacances simples et joyeuses ! On mange, on rit, on marche… Je suis aussi pressée de voir les résultats du montage et l’accueil du public, mais ma politique, c’est plutôt Carpe diem.
© Eric Aubry
© Eric Aubry
Antoine Stip (Gaspard Watson)
Vous jouez le rôle de Gaspard, capitaine et doyen de la brigade, calédonien d’origine. Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce rôle ?
Antoine Stip :
 J’ai trouvé très intéressante l’association des quatre personnages de la brigade, tant dans les écarts d’âge que les origines et cultures (Réunionnais, Antillais, Kanak et Calédonien). Sur un plan plus personnel, mon personnage est très touchant, sincère, honnête, loyal, et gère mieux son travail que sa vie. Cette ambiguïté entre l’aisance à la brigade et sur le terrain, face aux catastrophes à la maison, a été très intéressante à construire. Très vite, il a fallu faire naître son histoire : son rêve de racheter le ranch où il a grandi, sa femme qui le quitte, Jackson qui le toise, son aventure naissante avec Joséphine. De plus, son style vestimentaire (chapeau, chemise à fleurs et claquettes) lui donne un cachet original.
Que pensez-vous de ce personnage ? Qu’apporte-t-il à la brigade dirigée par Clarissa (Yaëlle Trulès) ?
A. S. :
 Gaspard est très proche de Clarissa et de sa fille qu’il connaît bien. Leur entente est très respectueuse et fidèle. Si je connaissais déjà Yaëlle depuis CUT, même si je n’avais eu aucune scène avec elle en six saisons, j’ai aussi découvert deux autres comédiens, Nathan Delemme, qui joue Jackson, et Marielle Karabeu, qui joue Kelly. Chacun a participé, à force de travail, à créer son personnage au service du collectif… J’ai presque le sentiment qu’une brigade d’officiers de police judiciaire comme la nôtre sera déjà très crédible aux premiers épisodes. Gaspard apporte un peu de légèreté, d’humour, de fantaisie à la brigade. C’est un flic à l’ancienne qui connaît bien son Caillou.
Comment s’est déroulé le tournage en Nouvelle-Calédonie ?
A. S. :
 Comme un rêve, équipe au top, intrigues au top, décors au top. Bref, après CUT, c’est aussi des retrouvailles, comme un rendez-vous, avec une famille de cœur et de tournage. Bien sûr, le rythme et l’exigence étaient là, mais cette envie commune de réussir ce tournage ensemble et de vivre cette expérience unique prend le dessus.
Connaissiez-vous la Nouvelle-Calédonie avant ce tournage ? Comment avez-vous pu, en si peu de temps, entrer dans la peau de ce personnage originaire du « Caillou » ?
A. S. : 
J’y étais venu il y a vingt-six ans et je m’étais juré d’y revenir… Je me le promets encore ! Je m’étais un peu renseigné sur les calédoniens et la vie calédonienne, ses traditions, ses tourments, ses exceptions. J’ai écouté les envies des producteurs et des auteurs, et j’ai ensuite tenté de camper un personnage bien réel et bien ancré dans le quotidien à Nouméa et dans son travail d’officier de police.
© Eric Aubry
© Eric Aubry
Nathan Dellemme (Jackson Bellerose)
Parlez-nous du lieutenant Jackson…
Nathan Dellemme : 
Jackson Bellerose est un jeune lieutenant de police d'une trentaine d'année qui souffre de stress post-traumatique suite à un tir de neutralisation effectué lors d'une intervention à Paris. Il cache à tous que, parmi les effets personnels du type qu'il a abattu, il a trouvé la photo d'une jeune femme au ventre légèrement arrondi, habitant Nouméa. Rongé par le remords, c'est là qu'il souhaite se faire muter, en Nouvelle-Calédonie. Dès son arrivée sur l'île, il montre qu’il n'est pas là pour se faire des amis.
Ce personnage est complexe, qu’apporte-il à la brigade dirigée par Clarissa (Yaëlle Trulès) ?
N. D. :
 Effectivement, c'est un personnage assez complexe, qui va imposer au groupe son caractère antipathique, ses humeurs et mettre en péril l'équilibre et l'harmonie de la brigade. Abîmé intérieurement à cause de ce traumatisme qu'il cherche à masquer, Jackson Bellerose aura beaucoup de mal à entretenir une relation stable avec ses collègues et sa hiérarchie. Électron libre, il ne connaît pas les codes et coutumes de la Nouvelle-Calédonie, mais va malgré tout progressivement apporter beaucoup à l'équipe. Costaud et tête brûlée, il sera prêt à mettre sa vie en danger pour mener à bien ses missions et prouver ainsi à ses coéquipiers qu'ils peuvent compter sur lui. Progressivement, il se questionne, se reconstruit et deviendra finalement un vrai moteur pour le groupe...
Comment avez-vous préparé ce rôle ?
N. D. : 
J'ai appris que j'avais le rôle trois semaines avant le départ en Nouvelle-Calédonie, je me suis donc très vite mis à étudier le scénario afin d'avoir une vue d'ensemble de l'histoire, des enquêtes et surtout de l'évolution de mon personnage. J'ai beaucoup réfléchi et travaillé sur la construction de mon personnage. C'est un personnage délicat à interpréter. Pour pouvoir comprendre ses blessures et son état d'esprit, je me suis inspiré de témoignages sur le syndrome de stress post-traumatique. Ensuite, à Nouméa, nous avons eu l'occasion de faire beaucoup de répétitions avec les autres acteurs, de prendre possession de nos personnages et de définir ensemble leurs relations et être sûr de bien maîtriser les enquêtes.
Avez-vous été déstabilisé par ce tournage en Nouvelle-Calédonie où la culture kanak repose sur un ensemble de règles et rituels autour de la coutume ?
N. D. :
 Je dois reconnaître que j'ai été très surpris de découvrir un territoire régi par cet ensemble de coutumes et peuplé par des habitants très attachés à leur terre et à leurs règles. C'est tellement différent de notre quotidien. Nous avons vécu des moments extrêmement forts, notamment lorsque nous sommes allés tourner en tribu kanak. Ici, la culture kanak fait partie du quotidien et le respect du peuple et des clans passe par cet usage très répandu. J'ai aussi été agréablement surpris par la gentillesse et la bienveillance des habitants, toujours prêts à nous inviter chez eux et à nous recevoir pour partager un repas. On s'y sent très bien accueilli.
© Eric Aubry
© Eric Aubry
Marielle Karabeu (Kelly Kwaté)
Présentez-nous votre personnage dans la série OPJ Pacifique Sud.
Marielle Karabeu : 
Mon personnage s’appelle Kelly Kwatté, elle a 24 ans et est originaire de la tribu de Saint-Louis. Fière de ses origines, Kelly est très attachée aux valeurs coutumières de son clan et de sa tribu. C’est ce qui fait d'elle une personne pudique et réservée. Déterminée et fonceuse, Kelly est brigadière au sein d'une cellule de police judiciaire. Véritable geek au sein de l'équipe d'enquêteurs à laquelle elle appartient, la jeune femme essaie de trouver un équilibre entre ces deux mondes.
Qu’avez-vous ressenti lorsque vous avez joué votre première scène ?
M. K. :
 J'avais très hâte de commencer à jouer. J’étais excitée comme un chat qui vient de trouver une pelote de laine ! Je me souviens de ma première scène, que j’ai jouée avec ma grand-mère fictive. Comme j’ai perdu ma grand-mère, j’étais très émue par cette scène. Je me suis imaginée que c’était elle en face de moi et j’ai eu l’impression de partager ce moment avec elle et de ressentir son amour.
Comment vous êtes-vous préparée à ce rôle ? 
M. K. :
 J'ai eu, en métropole et en Nouvelle-Calédonie, des cours d’acting avec ma coach Laurence Cormerais et les réalisateurs François Bigras et Matthieu Vollaire. J'ai aussi eu la chance de pouvoir lire les textes un mois avant le tournage et de pouvoir les apprendre à mon rythme. Avec les autres comédiens, nous avons aussi rencontré un OPJ retraité qui nous a fait découvrir en profondeur son métier. Il a partagé avec nous ses souvenirs, joyeux comme tragiques, et a répondu à nos questions afin d’aider chacun à créer son personnage.
Kelly Kwaté est-elle un modèle pour les jeunes Calédoniennes ?
M. K. : 
Je pense que Kelly pourrait être une source d'inspiration pour les jeunes Calédoniennes et pour les jeunes filles en général. Elle montre qu'il faut persévérer et ne pas avoir honte de ses origines. 
Kelly est une personne assez raisonnable, elle essaie de faire de son mieux pour rester sereine et pour trouver un équilibre envers ces deux mondes si différents mais qu’elle aime et respecte : la culture kanak et ses traditions d'une part, d'autre part son métier qui l’entraîne au quotidien dans un univers violent. C'est parfois compliqué, mais ce que j'apprécie chez elle : elle reste fidèle à elle-même avant tout.
Beaucoup pensent, et j'en faisais partie, que certains métiers ne sont pas accessibles. Mais en réalité… si ! Pour moi, on peut faire ce que l’on veut de sa vie, tant qu’on le veut vraiment. C’est le cas pour Kelly, elle souhaite devenir OPJ, ce qui n’est sans difficultés, mais elle persévère et sait faire les bons choix.
© Eric Aubry
© Eric Aubry
L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play