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Transversale Sciences /Environnement : 10 choses à savoir sur les coraux [Vidéo]

En cette période de réchauffement et d’El Niño fort, les coraux sont soumis à rude épreuve. Transversale dresse un panorama complet de la situation des récifs coralliens Outre-mer avec trois spécialistes, Pascal Joannot, Jean-Pascal Quod à La Réunion et Jean-Philippe Maréchal en Martinique.

Récif corallien de La Réunion © Jean-Pascal Quod
© Jean-Pascal Quod Récif corallien de La Réunion
  • Par Cécile Baquey
  • Publié le , mis à jour le
"En trente ans, La Réunion a perdu la moitié de ses coraux", selon Pascale Chabanet directrice de recherche à l’IRD (Institut de recherche pour le développement) à La Réunion. Entre la pollution, l’urbanisation et le réchauffement climatique, les récifs coralliens sont soumis à rude épreuve. Outre-mer, la préservation des coraux devrait être une priorité. Les récifs sont des réservoirs de poissons et un atout en termes de tourisme.
 

La France 4e pays récifal
La France par ses collectivités d’outre-mer : Martinique, Guadeloupe, Saint Martin, Saint Barthélémy, La Réunion, les îles éparses, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, Wallis et Futuna, la Polynésie française et Clipperton, possède un des plus grands ensembles récifaux de la planète. La Nouvelle-Calédonie abrite la plus grande barrière corallienne Outre-mer, suivie de  Mayotte. Il n’y a pas de coraux constructeurs de récifs en Guyane et à Saint Pierre et Miquelon. Pour se familiariser avec les coraux, voici 10 choses à savoir :

#1 Le corail est un animal

C’est un ensemble de polypes. Le polype d’un corail est un individu qui ressemble à une minuscule anémone de mer. Les polypes sont constitués d’une bouche entourée d’une couronne de tentacules qui abrite une cavité digestive et des organes reproducteurs. Le polype peut mesurer de quelques millimètres à quelques centimètres, et il se protège dans un squelette externe qu’il construit lui-même. Les polypes réunis entre eux forment les colonies de corail. Le corail vit en symbiose avec des micro-algues, les zooxhantelles qui assurent une partie de l’alimentation de son hôte.

Corail du genre Pocillopora et poisson épervier dans l'archipel des Tuamotu (Polynésie Française) © IRD / E. Folcher
© IRD / E. Folcher Corail du genre Pocillopora et poisson épervier dans l'archipel des Tuamotu (Polynésie Française)


#2 Le corail stresse parfois

Quand le corail est soumis à des pressions, il stresse ! Comme l’homme ! Face à des stress d’origine naturelle (modification de la température, , prolifération d'Acanthasters …) ou dus à l’homme (pollutions, sédimentation terrigène, ancrage …), les coraux réagissent de manière variable selon l’intensité de la perturbation et l’espèce considérée. 

#3 Le corail n’aime pas trop les changements de température

Le corail vit en moyenne dans des eaux dont la température est comprise entre 20° et 30 ° Celsius. Quand la hausse ou la baisse brutale de la température dure trop longtemps, cela entraîne une rupture de la symbiose entre le corail et ses micro-algues nommées zooxhantelles qui cause le blanchissement du corail. Les zooxhantelles qui apportent des nutriments nécessaires à la vie du corail sortent de leur hôte.

Un chercheur examine le phénomène de blanchissement des coraux dans les fonds marins de Tahiti © IRD
© IRD Un chercheur examine le phénomène de blanchissement des coraux dans les fonds marins de Tahiti

#4 10% du corail se trouve en France, Outre-mer

La France par ses collectivités d’outre-mer possède un des plus grands ensembles récifaux de la planète. Elle a donc une importante responsabilité en matière de gestion et de valorisation de ces écosystèmes. La France est le 4° pays récifal au monde après l’Indonésie, l’Australie et les Philippines.  Pour mieux gérer ses récifs,  la France s’est dotée de l’Initiative française pour les récifs coralliens (IFRECOR) qui fête cette année ses 15 ans.

#5 Le corail se reproduit de deux manières

La reproduction du corail est complexe. Les modes de reproduction des coraux sont variés : externe ou interne, ils peuvent être hermaphrodites ou à sexe séparés. Le mode de reproduction le plus spectaculaire est celui de la ponte en masse. La ponte des coraux se fait quelques nuits après la première pleine lune d'été  à l'étale de marée et certainement lors d'une accalmie des alizés. Le phénomène est décrit depuis 1981 sur la grande Barrière de Corail  en Australie, mais c’est en Nouvelle-Calédonie, en 1989,  que l’on  a décrit pour la première fois dans une Collectivité d'outre-mer, la ponte spectaculaire des coraux.


Après l’émission des gamètes, les œufs remontent, comme de minuscules flocons de neige, vers la surface. Ils vont se transformer en une petite larve  ciliée et nageuse appelée la planula qui va se déposer et se fixer pour former son premier polype et construire son squelette calcaire. Il va ensuite former son premier polype puis par bourgeonnement il va se diviser en deux polypes, en 4, en 8 etc.

#6 On peut faire du bouturage de corail

Le corail a la capacité de se générer par bourgeonnement. On peut couper une colonie en deux par exemple et les deux morceaux vont pouvoir continuer à vivre et à grandir. C’est ce que l’on appelle le « bouturage », terme habituellement consacré aux végétaux. C’est assez fréquent aujourd’hui de procéder de la sorte dans les aquariums

#7 La plus grande construction animal au monde est coralienne

C’est la Grande barrière de corail en Australie avec 2600 km de récif qui est la seule construction animale ou bio-construction visible de la lune. 

La Grande barrière de corail en Australie, le plus vaste récif au monde devant la Nouvelle-Calédonie © DR
© DR La Grande barrière de corail en Australie, le plus vaste récif au monde devant la Nouvelle-Calédonie

#8 Le corail fait vivre 500 millions de personnes sur Terre

Plus d'un demi-milliard de personnes de personnes vivent à proximité des récifs coralliens et en tirent un grand bénéfice à travers la pêche et le tourisme. 

#9  Les récifs coralliens abritent un tiers de la biodiversité marine

C’est fou, mais c’est vrai. Les récifs coralliens ne couvrent que 0,1 % de la surface des océans et pourtant ils abritent plus de 30% de toutes les espèces marines connues à ce jour.

#10 Le corail est plus vieux que l’homme

Les coraux font partis d’un embranchement du règne animal qui s’appelle les Cnidaires et qui regroupe les méduses, gorgones, anémones, corail noir, coraux constructeurs de récifs… Les ancêtres des coraux  sont apparus il y a environ 580 millions d’années, bien avant les dinosaures et bien avant l’homme.  Les  premières barrières coralliennes datées de 500 millions d’années ont été construites par des espèces qui aujourd’hui ont disparues.
 

Regardez Transversale Sciences / Environnement avec trois invités, spécialistes des coraux :

Pascal Joannot, du Muséum national d'histoire naturelle et auteur de "Méloë ou les fantastiques aventures d'une goutte d'eau" aux éditions Solaris
Jean-Pascal Quod, en duplex de Réunion 1ère directeur de l'ARVAM (Agence pour la recherche et la valorisation marine) et Président de Reef Check
Jean-Philippe Maréchal, biologiste marin en Martinique

Jean-Philippe Maréchal, devant son bureau à Schoelcher en Martinique © CB
© CB Jean-Philippe Maréchal, devant son bureau à Schoelcher en Martinique
Jean-Pascal Quod, directeur de l'ARVAM à La Réunion
© Jean-Pascal Quod, directeur de l'ARVAM à La Réunion


Une émission présentée par Cécile Baquey avec la participation d'Anne-Gaëlle Verdier
Réalisation : Daniel Arachtingi et Adrien Rodriguez
Responsable de collection : Gladys Say

 

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