L'historien Guadeloupéen Frédéric Régent membre du Comité National pour la Mémoire et l'Histoire

culture
Frédéric Régent
La composition du nouveau comité national pour la mémoire et l'histoire est connue. Frdéric Régent,universitaire, en fait partie. Il nous donne ses priorités et nous explique son rôle. 

Le décret de mai 20123


Le tout nouveau comité national pour la mémoire et l'histoire vient d'être nommé par décret. Après l'écrivaine Guadeloupéenne Maryse Condé, puis la réunionaise Françoise Verges, c'est une historienne qui est désignée : Myriam Cottias. Mais dans les membres du comité, on retrouve l'universitaire Guadeloupéen Frédéric Régent, dont ce n'est pas la première nomination. Il nous explique ici ses priorités :  

  • Quel sera votre rôle dans le cadre de la nouvelle mandature du Comité ?
Je tiens avant tout à saluer le travail important réalisé par Françoise Vergès, la présidente du comité précédent (2009-2012) et des anciens membres avec lesquels j'ai eu plaisir à travailler.
Faisant partie du comité précédent, mon rôle dans l'actuel se poursuit dans la continuité de la mandature précédente, à savoir :
     - promotion de l'enseignement de l'esclavage à l'école, au collège, au lycée, à l'université
     - inscription systématique dans les programmes des concours d'une question ayant trait à l'esclavage ou la        colonisation comme c'est actuellement le cas avec les sociétés coloniales à l'ère des empires années 1850-années 1950 : Afrique, Antilles, Asie et comme cela sera le cas avec la question concernant la péninsule ibérique et le monde 1470-1640 qui laisse une large place à la colonisation et à l'esclavage.
     - diffusion des résultats de la recherche auprès du grand public (à ce titre une convention sera signée, le 18 mai 2013 entre le CM98 et  l'Institut d'Histoire de la Révolution Française de l'université Paris 1-Panthéon-Sorbonne  créant  l'Université populaire du CM98 et de l'IHRF,  traites, esclavages, révolutions, émancipations.
     - valorisation des questions coloniales dans les programmes de recherche, nous assistons d'ailleurs dans la recherche française à une très grande activité des chercheurs autour des questions de l'esclavage, de la traite et de la colonisation.
     - Création d'un centre de ressources destiné au grand public permettant l'accès à l'histoire de l'esclavage, à l'organisation de conférences.
     - Participation aux activités des associations à l'occasion de conférences sur l'histoire de l'esclavage.
 
  • Avez-vous une priorité ou un point précis que vous aimeriez voir aboutir en particulier ? 
 
Je souhaite mettre en œuvre un projet initié dans la mandature précédente qui est la transformation du prix de thèse qui est actuellement une somme de 7 000 euros en une aide à la publication. Nous constatons qu'aucune des thèses ayant obtenu les 7 000 euros du prix chaque année depuis 2005,.n'a encore été publiée. Il faut que le versement de la somme soit conditionné à la sortie d'une version grand public de la thèse.
 
  • Quelle est, selon vous, l'importance de la reconduction d'un tel Comité ? S'agit-il d'un symbole uniquement ?
 
Le comité est inscrit dans la de 2001, c'est donc une obligation légale. Le comité depuis sa naissance a agi, malgré l'absence de moyens opérationnels. Le comité ne fait que donner des conseils aux différentes institutions qui le sollicitent, organise la journée du 10 mai et prend des positions lorsqu'il en sent la nécessité sur des questions d'histoire et de mémoire lorsqu'elles se posent dans le débat public. La force du comité a été l'implication de ses membres dans les différentes manifestations autour de la mémoire et l'histoire de l'esclavage. Je ne doute pas que cela se poursuive. Les questions de mémoire sont éminemment symboliques, oui le comité est un symbole, mais un symbole actif.

décret comité pour l'histoire et la mémoire
le décret de nomination des membres 2013

 

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