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De 3 à 6 ans de prison ferme pour les exorcistes antillais de l'essonne

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Le verdict est tombé aujourd'hui aux assises d'Ivry. Les réquisitions de l'avocat général n'ont pas été suivies et la torture non retenue. Les 4 accusés ont toutefois tous écopés de peine de prison ferme.

Retour sur les faits

Les 4 antillais, 2 martiniquais Éric Derond et sa mère Lise Thérèse Babin et deux guadeloupéens Lionel Fremor et Philippe Grego, étaient poursuivis pour arrestation enlèvement et séquestration avec acte de torture et de barbarie. Ils étaient accusés d’avoir enfermés et ligotés une jeune camerounaise de 19 ans, Antoinette, pendant une semaine de mai 2011 pour l’exorciser d’un démon. Les 4 individus ne l’avaient alimenté qu’avec de l’eau et de l’huile et l’avaient frappé et scarifié lors d’une séance d’exorcisme. Ils se revendiquaient tous de l’église adventiste du septième jour et assurait qu’Antoinette, qui était la compagne d’Eric Derond, agissait bizarrement depuis quelques mois, se jetant parfois sur le martiniquais en le frappant sans raison. C’est d’ailleurs la jeune femme qui aurait demandé cette séance d’exorcisme. Inquiètée, c’est la famille de la camerounaise de 19 ans qui avait finalement donné l’alerte.

La torture non reconnue mais des peines de prison ferme

Malgré des faits accablants, les chefs d’accusations de torture et de barbarie n’ont pas été reconnus dans le verdict, seule la séquestration a été retenue. Les avocats de la défense ont réussi à faire valider leurs argumentaires : présenter les faits commis comme une pratique religieuse et démontrer la non-intention de faire du mal.
La réquisition de l’avocat général n’a donc pas été suivie. Les 8 à 12 ans de prison ferme ont été réduits à 3 à 6 ans. Dans le détail, le leader du groupe, Éric Derond écope de 6 ans de prison ferme, Lise-Thérèse Babin et Philippe Gregor de 5ans de prison dont une année avec sursis et le deuxième guadeloupéen, Lionel Fremor, présenté comme influençable est condamné à 3 ans de prison ferme. Antoinette a déclaré à l’issue de ce procès qu’elle aurait aimé que les recommandations de l’avocat général soient suivies car les 4 individus étaient selon elle dangereux. Christophe René, son avocat, a ajouté : « Qu’on ne retienne pas la torture me gêne beaucoup ». Du côté de la défense, l’avocate d’Éric Derond, Catherine De Kouchkovsky s’est satisfaite du verdict et a conseillé à son client de ne pas faire appel de la décision.
 
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