Le projet de grand port critiqué par l'autorité environnementale

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baie pointe à pitre
©POINTE-A-PITRE
L'autorité environnementale du conseil général de l'environnement et du développement durable a rendu son rapport sur le projet de grand port en Guadeloupe. La commission critique plusieurs points dans le compte-rendu.
Ce rapport n'est pas une finalité ni une mauvaise nouvelle pour le projet du port, c'est une étape. L'enquête du CGEDD est un préalable obligatoire à tout chantier de ce type en France. Elle est demandée par le ministère de l'écologie et du développement durable et fondée sur un document envoyé par le port. Le dossier présente toutefois plusieurs lacunes mis en avant par les enquêteurs.

Plus d'explications sur les risques de pollution

C'est le premier point mis en avant dans ce rapport. La commission regrette qu'il n'y ai pas plus d'informations explicites ni de prise en considération du risque que représente la mise en suspension de sédiments lors des opérations de dragage pour le creusement du port en eau profonde. L'autorité environnementale souhaiterait que des études soient réalisées pour obtenir de plus vastes informations à ce sujet, notamment sur les conséquences que pourraient avoir ce projet sur la faune et la flore aquatique.  

Pollution sonore et évolution du trafic

C'est le deuxième point que critique le CGEDD et encore une fois il s'agit d'un manque de données à ce sujet. Les enquêteurs reprochent aux responsables du grand port de ne pas avoir pris en compte les pollutions acoustiques que le chantier et le projet feront subir à la population pointoise et à la faune aquatique environnante. Il pointe aussi du doigt le manque de prise en considération de l'évolution de la navigation dans la baie et de l'augmentation du trafic sur la zone.

Quid de la dispersion des sédiments?

Le projet du grand port prévoit le rejet de 92% des sédiments extraits lors du dragage au large de nos côtes. Une décision que ne rejette pas l'autorité mais elle demande un examen plus approfondi de ces restes afin de s'assurer qu'ils ne représentent pas un risque de contamination ou de pollution. Elle souhaite aussi qu'un suivi des impacts soit réalisé sur ces rejets après l'enfouissement. Elle demande également une justification de cette décision d'enfouissement et s'étonne de la non-réutilisation de ces sédiments dans le projet. Seuls 600 000 mètre cube sur les 7 millions qui seront extraits seront exploités par Guadeloupe Port Caraïbe pour la réalisation des terre-pleins de stockage.

Pourquoi la Guadeloupe?

C'est la question générale qui est posée par l'agence environnementale du CGEDD. Au vu de ces lacunes, la commission d'enquête demande une meilleure présentation des raisons qui ont poussé à choisir ce projet plutôt que les autres présentés par d'autres ports de la caraïbe.
Il n'est pas obligatoire de répondre à ce rapport mais Laurent Martens, le directeur du port, a annoncé qu'un document revenant point par point sur les lacunes invoquées serait renvoyé au ministère de l'environnement.