Un début d'année sans eau au robinet?

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Drapeau devant SME
©F.Defremont
Un conflit entre la général des eaux et le SIAEAG menace la poursuite de la distribution de l'eau dans les communes de Guadeloupe qui sont affiliées au syndicat. Le contrat actuel prend fin le 31 décembre prochain.
Un conflit entre la général des eaux (GDE) et le syndicat intercommunal d'alimentation en eau et d'assainissement de la Guadeloupe (SIAEAG) fait peser une menace sur la distribution pour le début de l'année 2014 dans les communes qui ont signé un contrat avec le SIAEAG. La GDE reproche au syndicat de n'avoir volontairement pas payé certaines prestations et demande une hausse des tarifs pour préserver les emplois. A ceci s'ajoute une situation tendue entre le SIAEAG et les communes sur fond de suspicion de mauvaise gestion.

Des dysfonctionnements et un conflit

La chambre régionale des comptes dans un de ses rapports sur le SIAEAG avait constaté de nombreux problèmes de gestion au sein de la structure. La juridiction supposait même des malversations face à certains postes de dépenses jugés excessifs. Des sommes dues à la GDE n'aurait également pas été versées. A la suite de cela, l'association des maires de Guadeloupe a crée un comité de contrôle dirigé par les premiers magistrats de Goyave, Terre de Bas et Saint-François pour analyser plus en détail la situation et tenter de renouer les liens entre le SIAEAG et la GDE.
De plus, certaines communes envisagerait de quitter le SIAEAG prochainement puisque dans le cadre des intercommunalités, il est désormais possible de créer des régies d'assainissement et d'alimentation.

Un contrat qui arrive à son terme

C'est l'objet du deuxième conflit dans ce dossier. Actuellement les communes inscrites au SIAEAG sont liées, via ce dernier, à la général des eaux par un contrat de distribution qui se termine le 31 décembre 2013. Pour l'instant, aucun accord n'aurait été signé entre les deux structures pour l'année prochaine. La GDE refuse de s'associer tant qu'elle n'a pas obtenu les garanties qu'elle réclame, à savoir le versement des impayés et la hausse de 55% du coup des services. Sans renouvellement, l'alimentation en eau sera bloquée.

Menace sur l'emploi

La société VEOLIA qui gère actuellement les dispositifs de distribution chez nous envisage de supprimer 1100 postes au niveau national et 180 en Guadeloupe. Ces agents seraient donc remis à la disponibilité des collectivités si la société les licencie. C'est pour cette raison que la général des eaux demande une hausse du prix du service. Afin d'assurer le reclassement de ces travailleurs, la GDE exige la signature d'un protocole d'accord entre les différentes parties avant de s'engager sur un nouveau contrat.

Une réunion en sous-préfecture

Mardi 10 décembre dernier, les différentes parties se sont retrouvées en sous-préfecture à Pointe-à-Pitre pour évoquer ces différents dossiers. La général des eaux, le SIAEAG, les élus et VEOLIA étaient présents. Si aucune information n'a filtré à l'issue de cette réunion, les débats ont été tendus et animés dans la salle. Les représentants du SIAEAG sont ressortis visiblement échaudés par les discussions évoquant une situation "plus chaude qu'elle n'y parait". Certains élus ont même prononcé le mot "divorce" tout en ajoutant qu'il ne se ferait pas en un jour.
10 communes concernées
10 communes dépendent actuellement du SIAEAG pour l'alimentation et l'assainissement de l'eau. Il s'agit du Moule, de Saint-François, du Gosier, de Capesterre Belle Eau, de Sainte-Anne, de Petit-Bourg, de Goyave, de la Désirade, de Terre de Haut et de Terre de Bas des Saintes.