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Deuxième et dernier jour de l’affaire Freddy Fleurival

justice
Freddy Fleurival
©Flora Fleurival
Après le rappel des faits et le tableau des personnalités de la victime et de l’accusé, hier la cour d’assises a entendu les témoins, les enquêteurs, la partie civile ainsi que Johnny Babin, qui a reconnu avoir porté les coups mortels
« Chacun des deux coups de couteau reçu par Freddy Fleurival aurait suffit à le tuer ». Le médecin légiste est sans équivoque. Face à la cour il explique que vu les caractéristiques des deux principales blessures observées sur le corps de la victime, elle n’aurait de toute façon pas survécu au premier coup.
Avant lui les enquêteurs chargés de l’enquête sont revenus d’une part sur les constatations faites lors de leur intervention à pointe à pitre, puis d'autre part sur les auditions des témoins et du prévenu, après que celui-ci se soit constitué prisonnier. Un prévenu dont la personnalité a aussi été présentée lors de cette première journée.


Une enfance difficile et une histoire complexe

Agé de 37 ans, Johnny Babin est père de 4 enfants. Pas vraiment inséré professionnellement il tente de se « débrouiller » avec des petits boulots…Vente de poisson, entretien d’espaces verts. Cela n’est toutefois pas suffisant. Submergé par ses difficultés socio-économiques, depuis 1997 il multiplie les allers-retours  en prison. Son casier judiciaire fait état de onze condamnations dont plusieurs pour des violences avec arme.
Une violence à laquelle il est confronté très jeune. A 8 ans il assiste au meurtre de son père lors d’un règlement de comptes.
Une enfance difficile et une personnalité particulière à l’âge adulte. Il dira qu’il ne supporte pas qu’on lui crie dessus entre autre. Une des choses qu’il reproche à Freddy Fleurival.


« Il m’a aussi arraché deux locks »

Outre le fait d’avoir été « énervé » selon ses propos, par le fait que la victime « crie sur lui », il précise aussi qu'il lui aurait arraché deux locks. C’est pour cela qu’il dit qu’il s’est « défendu ».
S’il reste évasif quand on lui demande de préciser des choses et qu’il ne répond pas forcément à toutes les questions, il reconnaîtra que « sa tête était chaude » au moment des faits, qu’il avait « déjà bu de la bière ».


Un moment d’émotion dans la salle d’audience

Parmi les proches de la victime, certains s’expriment à la barre. Son oncle d’abord, puis sa mère et sa sœur et enfin sa tante. Tous font part de leur amour pour Freddy. Ils le dépeignent comme quelqu’un de calme, plein de vie, sans histoires et surtout tourné vers ses proches. « Ce qu’il cherchait surtout, c’était rendre son père fier de lui ».
Flora et Freddy Fleurival
©Flora Fleurival

C’est lors de l’intervention de Flora, sa sœur aînée que l’émotion est à son paroxysme : « C’est lui qui devait m’apporter les fleurs pour mon mariage, et maintenant c’est moi qui suis obligée d’en déposer sur sa tombe pour honorer sa mémoire ».


Plaidoiries et réquisitoire

Ce vendredi matin, l’heure était aux plaidoiries et réquisitoires. Camille Tardo-Dino, l’avocat général à réclamé entre 16 et 18 ans de réclusion. Après la plaidoirie de la partie civile, la matinée du second jour de procès s’achève avec celle de la défense.
Le jury se retirera ensuite pour délibérer. Son verdict est attendu dans l’après midi.