Affaire "Dimitri Errin" aux Assises : l'homicide a-t-il été prémédité et organisé par son ex-compagne ?

justice
Cour d'Assises de la Guadeloupe
©J-M. Mavounzy
L'homicide de Dimitri Errin, en mars 2016, est-il le résultat d'un acte prémédité et organisé ? C'est la thèse défendue par une avocate, à la Cour d'Assises de Basse-Terre, hier.
L’affaire "Dimitri Errin" a ouvert la semaine de la Cour d’assises de Basse-Terre. C'était, ce lundi 28 septembre 2020, le sixième jour de procès, pour enlèvement, séquestration, torture et homicide.
La victime est un jeune homme du Moule, traqué et débusqué par une bande d'autres jeunes, qui lui reprochaient de les avoir volés ou brutalisés. Cette traque se terminera par le meurtre (inattendu ?) de Dimitri. C'était en mars 2016.
Dans cette bande, il y avait une fille, une blanche ou, comme on dit, une métropolitaine. Allénor a cristallisé les accusations et les haines de la partie civile.
 

Compte rendu d'audience

Au sein de la cour d'Assise, dans ce procès, on a refait le parcours de quelques acteurs du drame. La réalité et la vérité, peu à peu, dominent le mensonge. Car, en fait, cette histoire humaine est dramatique.

Une bande du Moule, dont les membres sont des jeunes ordinaires, vient punir un homme, qui fait partie de leur entourage, mais qui les frappe et les vole.
L'un d'entre eux, venu avec un fusil, tue Dimitri, l'ancien enfant abandonné par sa mère dominiquaise.
La victime est un dealer, un voleur, violent envers ses copines. Il a d'ailleurs écopé de multiples condamnations. C'est lui que l'on retrouve mort, dans un champ, nu, tué de deux balles de fusil de chasse, tirés à bout portant, dans la bouche. Au moment de son décès, il était sous l'emprise de la cocaïne.
Mais ce procès n'est pas celui de Dimitri.

L'après-midi, pour changer, ce fut la litanie des parties civiles : trois avocats, ténors du barreau, plein de talents, qui ont déroulé leur vérité. Ils ont souligné que cette bande de justiciers avait fini par donner la mort.
Mais là où une avocate de la partie civile trouble le jeu, c'est quand elle avoue une vindicte particulière, contre la Blanche Allénor FREMAUX. "Elle est blanche, donc libre, sous contrôle judiciaire", dit-elle, "alors que ma cliente, la femme du moment de Dimitri, est noire, terrorisée, dévastée, victime... parce que les gendarmes ont cru la Blanche et pas la Noire."
Une Blanche, qui aurait tout organisé et, à en croire les propos de cette avocate, on croit même deviner l'idée de l'organisation d'un meurtre avec préméditation avec, à la manœuvre, cette "Métropolitaine". Le geste fatal aurait donc été accompli, si l'on suit l'argumentaire de l'avocate, par un pauvre niais.

Décidemment, la Cour d'Assises a fini dans les flonflons de la manifestation des professionnels du spectacle et de l'événementiel, mobilisés, hier, notamment à Basse-Terre.
Un peu de musique, pour faire place à la tristesse...

Ce mardi matin, c'est la nouvelle avocate générale, Élodie ROUCHOUSE, qui déconstruira cette affaire, sans doute pour mieux l'expliquer.