André Atallah prêt à retrousser ses manches pour surmonter les 44 ans de déclin de Basse-Terre

catastrophes naturelles basse-terre
La Soufrière 8 juillet 1976
8 juillet 1976-8 juillet 2020, un triste anniversaire qui résonne dans l'esprit de tous les Basse-Terriens qui ont connu cette époque au nombre desquels le nouveau maire de la ville. Outre les actuelles difficultés financières du Chef-lieu, ce sont toutes ces années de déclin qu'il faudra effacer. 
Le titre du quotidien local au lendemain de ce 8 jiullet 1976 est éloquent : La Soufrière s'est ouverte. Mais bien plus qu'une ouverture dans un volcan, c'est un gouffre dans lequel va plonger durant ces quatre dernières décennies Basse-Terre et sa région. Ce 8 juillet 1976 sonne comme un glas pour cette ville capitale, chef-lieu d'un archipel bicéphale, un peu comme l'était la Martinique avant l'eruption de la Montagne Pelée. En 1902; à la faveur de cette eruption, les autorités vont choisir de tout rassembler sur Fort de France, livrant Saint-Pierre à ses fantômes et ses souvenirs.

Le pari de Giscard D'Estaing


C'est aussi ce que le gouvernement de l'époque va faire. Le 15 août 1976, un second ordre d'évacuation est donné. Plus long que celui du 8 juillet qui avait été quelque peu spontané, cette fois, c'est toute la zone du sud Basse-Terre qui est déclarée interdite pendant quatre mois. Quatre mois qui éclatent la population de cette région sur toute la Guadeloupe et qui permet de réorganiser l'économie guadeloupéenne. Le gouvernement souhaite tout concentrer sur Pointe-à-Pître. Les résistances du moment l'en empêchent. Mais un pôle essentiel ne tarde pas à céder, celui de l'exportation de la Banane.
Jusque là effectuée selon la méthode de palétisation, plus adaptée au port de Basse-Terre d'où la banane est exportée, c'est l'option de la conteneurisation qui lui est préférée, faisant de fait de Jarry le nouveau port d'exportation de la banane.
Le Port de Basse-Terre en 1960
Le Port de Basse-Terre; 16 ans plus tôt ©Atout Guadeloupe

L'heure du déclin


Dès lors, entre les résidents du Sud-Basse-Terre qui craignent encore d'y revenir "au cas où" et la perte de son principal argument économique, le Chef-Lieu n'a plus que les instances administratives pour justifier de sa qualité. Le gouvernement aimerait d'ailleurs bien transférer la préfecture en Grande-Terre mais il est obligé de freiner. De freiner ou plutôt, d'y surseoir...
En face, le maire de la ville, Jérôme Cléry, tente bien de mobiliser toutes les énergies possibles pour faire repartir un coeur qui ne bat presque plus, en vain. Les années Michaux-Chevry auront aussi été celles de toutes les tentatives pour redonner une identité à la ville, mais rien n'est venu inverser ce déclin. 
Et André Atallah le sait bien, il lui faudra bien plus que sa bonne volonté pour surmonter un handicap désormais chronique.
Interrogé ce mercredi sur Guadeloupe La 1ère la Radio, il s'en est expliqué

André Atallah, Maire de Basse-Terre

Et en la matière, l'avenir ne s'écrit toujours pas ainsi. Dothémare continue pas à pas à devenir la nouvelle cité administrative de la Guadeloupe. Certaines institutions s'installent dans le quadrilatère de Cap Excellence, vidant Basse-Terre chaque fois un peu plus de ce qui lui restait de substance et rendant plus difficile la volonté de relever un tel défi, quel que soit l'édile qui oeuvre à l'Hôtel du Cours Nolivos.
La Soufrière 8 juillet 1976
La Soufrière le 8 juillet 1976
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