Coronavirus : Des chiffres réels beaucoup plus importants chez nous

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Test dépistage
©AF Med Service
Comment comprendre l’ampleur des chiffres chez nous ? Ils seraient beaucoup plus importants que ceux annoncés tous les jours, par l'Agence régionale de santé, puisque, ne sont testés que les cas les plus graves… Plus de 2 000 pourraient avoir le Covid-19.
Chaque jour, l'Agence régionale de santé informe du nombre de cas confirmés de Covid-19 en Guadeloupe. Au 10 avril, 143 cas confirmés de coronavirus sont enregistrés. Des chiffres qui ne reflètent pas la réalité de l'épidémie chez nous. 
 

0,03% de la population contaminée selon les chiffres officiels

Les chiffres officiels représentent les personnes testées positives lors de leur passage au CHU de Pointe-à-Pitre/Abymes. Cela représente 0,03% de la population. Mais derrière ce chiffre se cachent les cas non dépistés. Toutes ces personnes confinées à leur domicile, souvent en famille, présentant des symptômes de la maladie "non graves". Ils ne sont pas dépistés mais constituent des cas réels de coronavirus. 
Le SAMU reçoit de nombreux appels de personnes malades. Les médecins de ville en reçoivent également.

A écouter le reportage de Laura Séné et Pascal Pétrine :

Epidémie de coronavirus et chiffres réels


L'ARS estime que 300 à 400 personnes sont non comptabilisées

Ce vendredi 10 avril, l'agence régionale de santé, dans un communiqué confirme qu'il y aurait un décalage entre chiffres annoncés et chiffres réels. Ainsi "Santé Publique France a permis aux ARS de se doter d’un outil complémentaire d’évaluation de la circulation du virus en surveillant, avec la contribution du réseau des médecins sentinelles, les consultations pour infection respiratoire aigüe. Parmi ces infections, on estime que 20% pourraient relever du Covid-19 en le rapportant au taux de positivité des tests réalisés. Les estimations seraient de 300 à 400 personnes peu symptomatiques qui pourraient avoir contracté le Covid-19 à ce jour" indique l'ARS. 
 

Des chiffres qui pourraient être en deçà de la réalité.

Grâce aux données apportées par Santé Publique France, qui font donc état, pour la première fois des consultations sur les deux dernières semaines chez les médecins généralistes, il est possible de déduire qu’il pourrait y avoir plus de 400 personnes victimes du coronavirus en Guadeloupe, selon l'analyse de Franck Aristide.
Ce sont les estimations de l’agence régional de santé. Elles s’ajouteraient donc aux cas avérés, après dépistage, que nous communique tous les jours l’ARS. 143 ce 10 avril.
Mais il faudrait également additionner ceux qui sont passés par les consultations hôpital (environ  1500), les asymptomatiques, porteurs du virus mais sans signes apparents, sans compter ceux qui ne seraient pas allés chez le médecin.
Logiquement, ce serait plus de 2 000 individus qui pourraient être vecteurs de ce virus d’où l’importance des règles de confinement.

En ce qui concerne les cas confirmés par test, après 2 pics importants les 16 et 26 mars dernier, le nombre semblent décroître.
Mais attention, cela ne veut absolument pas dire, qu’une deuxième vague ne pourrait nous frapper, si nous relâchions nos efforts, d’autant qu’une personne touchée peut en contaminer 2 ou 3 autres.
 

Bientôt des données affinées sur le nombre de cas

Ce débat sur la réalité des chiffres de la contamination pourrait bien être bientôt réglé. D'ici peu, les autorités de santé pourraient bien prendre en compte les données des médecins sentinelles de l’archipel. Des données qui doivent être affinées.
Le couvre-feu total du week-end pascal va servir de test à la Guadeloupe. Si la contamination est limitée, en fin de semaine, notre archipel pourrait, aussi limiter l’expansion de ce virus.

Le Préfet de région, Philippe Gustin interrogé par Olivier Lancien

Les autorités sont attentives à plusieurs vagues qui pourraient arriver dans les jours qui viennent. Le couvre-feu total de ce week-end pascal va aussi servir à limiter la casse.
 
Le réseau sentinelle
Le réseau Sentinelles est un réseau de recherche et de veille en soins de premiers recours (médecine générale et pédiatrie) en France métropolitaine.
Créé en 1984, il est développé sous la tutelle conjointe de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de Sorbonne Université.
Les objectifs principaux du réseau Sentinelles sont :
  • la constitution de grandes bases de données en médecine générale et en pédiatrie, à des fins de veille sanitaire et de recherche ;
  • le développement d’outils de détection et de prévision épidémique ;
  • la mise en place d’études cliniques et épidémiologiques.