Covid-19 : une journée avec les ambulanciers privés

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Ambulance
©Ludovic Gaydu
Submergées par cette 4ème vague, les ambulances privées parcourent l'archipel pour se rendre au chevet des malades atteints de la Covid19. Les urgences se multiplient et les équipes doivent toujours se tenir prêtes à intervenir. Reportage.

Les ambulanciers privés ont pour habitude d'épauler les services du SAMU dès qu'ils en formulent le besoin. Mais depuis la 4ème vague du Covid, la mobilisation est permanente. Les ambulances privées enchaînent les longues heures de travail, douze au total entre 8 heures et 20 heures. La dégradation sanitaire, mais surtout la virulence du variant Delta, a nécessité une sécurité renforcée pour la désinfection des véhicules et la protection des ambulanciers.

France-Lise et Enzo sont de service. 17 août 2021, il est 8h du matin et ils ont déjà trois patients en attente à récupérer à leur domicile. La première intervention concerne une dame âgée qui doit être transportée au CHU, mais les autres sont des patients Covid, tous en détresse.

On a deux équipes d'intervention. les premières équipes qui devraient terminer à 19 ou 20 heures, sont obligées d'attendre longtemps que les brancards se libèrent dans les hôpitaux. Ils travaillent beaucoup actuellement et ils sont fatigués. On se rend compte que c'est difficile.

Nathalie Pajamandy, gérante d'Ambulance des Îles

 

D'une mission à une autre, c'est la course. À peine sortis du CHU, France-Lise et Enzo repartent vers Deshaies. Là-bas, le taux d'oxygène dans le sang d'un patient a passé le seuil critique.

Nous allons chercher un patient qui désature. Il avait déjà des antécédents médicaux. Nous devons le récupérer au plus vite, le mettre sous oxygène et l'emmener pour une prise en charge aux Urgences.

Enzo - Ambulancier

 

Une fois sur place, avant toute manipulation du patient, ils appliquent soigneusement le protocole de sécurité. Blouses, masques FFP2, gants, un matériel à usage unique, détruit après chaque prise en charge. C'est leur premier pas dans le cercle infernal du Covid fait de détresse respiratoire et de douleur.

On arrive à gérer parce qu'on doit prendre du recul mais certains cas, du moins quand on perd un patient, ou alors qu'il se rend compte de sa mort, c'est très très compliqué.

France-Lise

Ils exécuteront à chaque fois les mêmes opérations : examen du patient, puis ils transmettent au centre de régulation les informations qui permettent d'évaluer l'état d'urgence de la situation.

C'est le protocole de passer par eux. Je viens de passer mon bilan, j'attends les médecins qui sont en train de réguler d'autres patients, et là on vient de m'appeler pour une intervention. C'est déjà la queue.

Enzo

Sa patiente, Martha est âgée de 72 ans. Elle doit être conduite au CHU et pour la famille, cette nouvelle est dramatique. Hier, le 16 août 2021, son époux Roberto a succombé au Covid-19.

(Re)voir le reportage de Patrice Gonfier et Ludovic Gaydu