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Incendie orphelinat en Haïti : "Ils auraient pu être sauvés", selon un fonctionnaire

océan atlantique
Orphelinat incendié Haïti février 2020
L'incendie d'un orphelinat en Haïti a provoqué la mort de 15 enfants. Selon, Jean-François Robenty, fonctionnaire chargé de la protection civile, certaines victimes auraient pu être sauvées si les secouristes avaient eu l'équipement adéquat.
Deux enfants sont morts dans l'orphelinat et 13 d'asphyxie à l'hôpital de Fermathe, a indiqué Raymonde Jean Antoine, la juge de la commune de Kenscoff. L'incendie s'est déclenché peu après 21 heures, jeudi 13 février, selon elle. 
La cause de l'incendie et l'âge des victimes étaient pour le moment inconnue.
 

Des chambres éclairées à la bougie

L'orphelinat était situé dans un bâtiment insalubre de deux étages, avec des lits superposés -- certains en état déplorable -- entassés dans de petites chambres, avec un escalier exigu et seulement une porte de sortie ouverte, a constaté l'AFP.
"D'après les déclarations d'un des enfants, l'origine du feu viendrait de bougies qu'ils avaient allumées pour éclairer leurs chambres car le système électrique" avait "un problème", a indiqué la juge. L'incendie s'est déclenché peu après 21 heures. Une enquête a été ouverte pour déterminer la cause du désastre et identifier les personnes responsables de l'établissement.
L'orphelinat de Kenscoff, commune située sur les hauteurs de l'agglomération de Port-au-Prince, n'avait plus l'autorisation légale d'opérer depuis 2013 et abritait environ 66 enfants, selon Raymonde Jean Antoine. Seuls trois adultes étaient présents sur les lieux au moment du drame.
 

"Ils auraient pu être sauvés"

Selon les premières constatations, 13 des victimes sont mortes à l'hôpital, des suites de détresse respiratoire liée à l’inhalation de la fumée qui s’est répandue à l’étage, a confié Jean-François Robenty, responsable de la protection civile de Kenscoff, interrogé par Le Nouvelliste.
Les deux autres enfants, dont un en situation de handicap et l’autre souffrant de déficience mentale, sont morts calcinés, a t-il ajouté. Vendredi 14 février, au matin, au lendemain de la tragédie, la magistrate a procédé dans le bâtiment au constat du décès des deux victimes aux âges indéterminés, tout en recensant les dégâts causés par l'incendie en parcourant l'ensemble des pièces.
"Les conditions dans lesquelles vivaient les enfants sont vraiment, vraiment négligées, nous voyons que les enfants vivaient comme des animaux", a déploré la juge Raymonde Jean Antoine, ajoutant n'avoir "pas constaté la présence d'extincteurs". 

Selon une employée de l'orphelinat, les pompiers auraient mis une heure et demie à se rendre sur les lieux de l’incendie.
Les secouristes sont arrivés sur les lieux à moto sans bouteilles d’oxygène ni ambulance pour transporter les enfants à l'hôpital, a pour sa part rapporté Jean-François Robenty, un fonctionnaire chargé de la protection civile. "Ils auraient pu être sauvés", a-t-il déclaré. "On n'avait pas l'équipement pour les sauver".
 

Seuls 35 des 756 centres d’hébergements de mineurs ont une autorisation de fonctionnement

Le président haïtien, Jovenel Moîse, s'est exprimé peu de temps après le drame. Sur son compte Twitter, il se dit ému et souhaite que toute la lumière soit faite sur cet incendie.  Le Président qui est à nouveau décrié, après ce drame. On lui reproche un système défaillant, notamment sur cette problématique. Car, le centre n’avait pas d’autorisation de fonctionner, selon Arielle Jeanty Villedrouin, directrice de l’administration haïtienne de protection de l’enfance (IBESR). "C’est un centre qui, je crois, reçoit de l’argent du secteur religieux, de missionnaires étrangers, je ne sais pas exactement, mais donc sans aucune légalité", a t-elle expliqué.
Début 2019, l’administration avait constaté que seuls 35 des 756 centres d’hébergements de mineurs recensés à travers le pays disposaient de l’autorisation de fonctionnement.

Les pouvoirs publics travaillent désormais à récupérer les enfants rescapés de cet incendie. Des enfants traumatisés qui seront placés dans un centre de transition de l'IBESR.