Procès de Gaby Clavier : reprise de l'audience en février

justice
Gaby Clavier devant le tribunal
©Rémi Defrance
A Pointe-à-Pitre, ce mardi 7 décembre, se tenait une audience concernant les menaces de morts présumées prononcées par un syndicaliste à l'encontre du directeur du CHU Gérard Cotellon. Dès 8 heures, de nombreux militants étaient rassemblés devant le tribunal en guise de soutien à Gaby Clavier.

Après un retard à l’allumage et des heures d’attente, le procès a débuté hier en milieu d’après-midi. L’ancien secrétaire général de l’UGTG et de l’UTS-UGTG (la section santé du syndicat) comparaissait devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre pour propos injurieux et menaces de mort à l’encontre de Gérard Cotellon, l’actuel directeur général du CHU de la Guadeloupe qui avait déposé plainte. Des propos tenus en créole en juillet dernier dans le hall de l’hôpital.

En quoi les paroles proférées par Gaby Clavier, en juillet dernier dans le hall du centre hospitalier universitaire de Guadeloupe, à l'encontre de Gérard Cotellon, constituaient-elles des menaces de mort ?

Pour le directeur général du CHU de la Guadeloupe, ce n'est pas un mot ou une phrase en particulier, c'est l'ensemble du discours qu'il faut prendre en considération. C'était un blanc seing donné aux militants pour poursuivre leurs exactions à l'encontre de la direction et des médecins, a déclaré Gérard Cotellon au tribunal. 
Costume noir et lunettes rondes, le directeur général s'exprime d'une voix posée. Il reprend Gaby Clavier sur certains points de son exposé. Quand le syndicaliste dénonce le déclin de l'hôpital, son manque de performance, ses choix d'équipements inadaptés, le manque de matériel de soins, lui répond qu'il est un serviteur du service public, que l'hôpital a manqué de gants pendant le pic de la crise sanitaire, mais pas de masques, ni d'oxygène pour les patients Covid. 

Depuis trois ans, il vit ce qu'il appelle un management hostile. Il n'y a pas de loi, sous-entendu au CHU, pas d'autorité, sinon, celle de monsieur Clavier, a affirmé Gérard Cotellon au tribunal. 

Il parle à plusieurs reprises de la toute puissance de Gaby Clavier.

Quelles relations entretenez-vous avec lui, demande le procureur. C'est quelqu'un que je respectais, jusqu'à ces menaces de mort, répond Gérard Cotellon. 

Dans la salle, Gaby Clavier, tee-shirt rouge, pantalon noir, petites lunettes rectangulaires, ne bronche pas. Là où il ne décolère pas, une fois sorti du tribunal, c'est que ses propos en créole ne seront pas actés dans la note de l'audience. En clair, il a parlé dans le vide. 
"Ce procès n'est pas équitable, c'est inadmissible", a-t-il déclaré. 

Les débats n'ont pas repris, ce mercredi 8 décembre, en raison d'un problème d'audiencement. Les douze témoins que la défense veut faire citer à la barre devront patienter jusqu'au 1er février 2022.

A (re) voir le reportage de Laetitia Broulhet et Rémi Defrance :