Tentatives de suicide et comportements dangereux en augmentation chez les plus jeunes, depuis la crise sanitaire

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Enfant adolescent dépression
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Le premier confinement a laissé des traces... Psychologiques, notamment. En Guadeloupe, les tentatives de suicide sont en hausse. La dépression peut toucher les plus jeunes. Il y a deux semaines, le président de la République a annoncé une mesure : 10 séances chez un psychologue pour les 3-17 ans. 

Le blues des ados pour ne pas dire le mal-être est bien présent. Statistiquement les suicides n’ont pas augmenté en Guadeloupe mais les conduites dangereuses, addictives ou les tentatives de suicide, elles sont en progression...

L'EMADO à l'écoute des adolescents

La situation épidémique de la Guadeloupe a des conséquences sur les adolescents. Le suicide des adolescents dans l’archipel est un phénomène prégnant.
Mais la Covid-19 perturbe les repères de ces jeunes. Si les suicides réalisés ne sont pas en augmentation, les tentatives et les "équivalents suicides" sont en augmentation.
Les spécialistes ont décidé de réagir. En février dernier L’EMADO a été créée. C’est l’équipe mobile adolescents de Grande-Terre, dirigée par le Docteur Caroll Devaux, pédopsychiatre. Elle était l’invitée de la grande Interview, interrogée par Olivier Lancien.

Dr Caroll Devaux, pédopsychiatre, cheffe de service de l’EMADO Grande-Terre

 

Le confinement a parfois déclenché des troubles chez les plus jeunes

A la mi-avril, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d'un forfait psy, c’est-à-dire dix séances prépayées chez un psychologue pour les enfants de 3 à 17 ans affectés. Des séances entièrement prises en charge. 

C'est le médecin traitant, l'hôpital, la PMI (service de protection maternelle et infantile) ou l'établissement scolaire qui devra prescrire ces 10 séances de prise en charge chez un psychologue, aux enfants concernés : les petits et les adolescents, particulièrement exposés à la dépression durant la crise Covid.

Ce sont les médecins généralistes eux-mêmes qui ont alerté sur le nombre exponentiel de cas de dépression ou autres troubles alimentaires. 

Il semblerait que ce soit surtout le premier confinement qui ait permis d'observer le plus de signes de détresse chez les jeunes. Le recours aux urgences psychiatriques a augmenté. La fermeture des écoles, l'isolement social, l'enfermement, autant d'éléments déclencheurs de mal-être chez cette population. 

Des Assises de la psychiatrie et de la santé mentale dans 2 mois

Ces séances concernent les enfants et les jeunes de 3 à 17 ans. Une première consultation d'environ 45 minutes dressera un état des lieux de la santé mentale de chaque jeune patient. Une ordonnance médicale sera nécessaire. Des psychologues partenaires pourront être contactés via une plateforme qui sera mise en place à cet effet. Par ailleurs, une enquête nationale devra être menée sur les 3 à 11 ans où les troubles de l'apprentissage sont particulièrement accrus depuis la crise sanitaire. Cette mesure du forfait psy sera suivie des Assisses de la psychiatrie et de la santé mentale d'ici juillet prochain.