Venezuela : des médias dénoncent des actes de "censure"

médias
Venezuela : des médias dénoncent des actes de "censure"
les médias dénoncent des actes de "censure" ©Twitter @DiarioSanJuan19

Les professionnels des médias au Venezuela s'inquiètent des différentes mesures et menaces qui pèsent sur la presse et des publications de toute nature. Ils accusent le président Nicolas Maduro de mener "une politique systématique" d'"asphyxie" des médias critiquant le régime.

Une chaîne de télévision numérique a dénoncé vendredi dernier (8 janvier 2021) la confiscation au Venezuela de son matériel de transmission, de ses caméras et de ses ordinateurs, tandis que d'autres médias locaux ont signalé des fermetures de sièges ou des cyberattaques.

Des fonctionnaires de la Commission nationale des télécommunications (Conatel) et de l'administration fiscale (le service Seniat) ont mené une "opération conjointe" dans les bureaux à Caracas de la VPITV, une chaîne de télévision en ligne basée à Miami aux Etats-Unis, consacrée à l'actualité du Venezuela et d'Amérique latine.

L'opération comprenait des interrogatoires de travailleurs et la saisie de matériel, a déclaré la plateforme dans un communiqué: "il s'agit d'un acte de censure évident qui empêche la poursuite de nos opérations", a-t-elle écrit.

Le Syndicat national des travailleurs de la presse (SNTP) accuse régulièrement le président Nicolas Maduro de mener "une politique systématique" d'"asphyxie" des médias critiquant le régime. L'ONG de promotion de la liberté d'expression Espacio Publico dénonce le fait que plus d'une centaine de médias ont fermé depuis l'arrivée du dirigeant socialiste au pouvoir en 2013.

Venezuela
©Twitter DiarioSanJuan 19

Le quotidien régional Panorama, dans l'ouest de l'Etat de Zulia (à la frontière avec la Colombie), a rapporté sur Twitter que l'administration fiscale (le Seniat) avait fermé pendant cinq jours son siège en invoquant un "manquement à des obligations formelles", tandis que le site internet Tal cual a fait état d'"attaques numériques".

Ni la Conatel ni le Seniat ne se sont référés à cette situation. Mais la presse officielle vénézuélienne a dénoncé le financement par le Royaume-Uni de sites d'information indépendants, du SNTP et d'organisations non gouvernementales critiques envers le gouvernement.

"Nous dénonçons l'ingérence grossière du gouvernement du Royaume-Uni dans les affaires intérieures du Venezuela. Alors qu'ils séquestrent l'or vénézuélien (...) ils financent des médias et des organisations d'opposition. Nous porterons cette plainte devant les Nations unies", a écrit vendredi sur Twitter le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza, en référence à environ un milliard de dollars d'or vénézuélien bloqués à la Banque d'Angleterre.

L'ambassade du Royaume-Uni au Venezuela a répondu: "La liberté d'expression et la liberté des médias sont nécessaires à la démocratie. La protéger partout dans le monde est une priorité". L'ambassade a ajouté que Londres continuerait à "soutenir la société civile vénézuélienne".

Jean-claude SAMYDE avec AFP

Les Outre-mer en continu
Accéder au live