15 condamnations et plus de 110 000 euros de dégâts dans l'affaire de la mutinerie du Centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly

faits divers
Mutinerie au Centre Pénitentiaire
©Nikerson Perdius
15 détenus condamnés, des dégâts estimés à 110 000 euros, la mutinerie qui a éclaté au Centre pénitentiaire le 1er avril dernier a trouvé son épilogue. Les prisonniers avaient mis le feu dans leurs quartiers, après avoir séquestré un gardien. Ils ont été identifiés et jugés. 

"(...) Les agents qui étaient présents ont pu arrêter la progression, ils sont sur site... les prisonniers ont mis le feu dans le couloir... au-dessus de nous, un hélicoptère est en survol et les gendarmes sont prêts à intervenir...tous les agents ont été mis en retrait,  les miradors ont déplombé les armes, on est en position d'intervention intérieure et ce sont les gendarmes et le procureur qui diligentent maintenant les mouvements(...)

C’était le 1er avril 2020 le surveillant pénitentiaire René Polydore intervenait en direct en radio.
Aujourd’hui, la plupart des émeutiers sont jugés. Rien a filtré sur leurs motivations mais justice a été faite estime Samuel Filniez le procureur de la République par le biais d’un communiqué.
 

Un acte de révolte vite réprimé

Rémire Montjoly (Guayne) - Centre pénitentiaire - archives
Rémire Montjoly (Guayne) - Centre pénitentiaire - archives ©Guyane 1ère
Les faits sont dignes d’un mauvais scénario. L’histoire d’une tentative d’évasion, qui se transforme en mutinerie. C’était le 1er avril dernier au Centre pénitentiaire de Rémire-Montjoly. Six détenus provoquent une panne électrique afin d’attirer un surveillant. C'est un piège. Ils lui dérobent ses clés sous la menace d’une arme blanche artisanale. Ils libèrent des détenus. Ils restent cependant bloqués dans un secteur de la prison.Très vite, l’alarme est donnée, un escadron de la gendarmerie intervient, vient en renfort aux surveillants. A l’extérieur, c’est le branle-bas de combat, hélicoptère et forces de l’ordre encerclent le Centre pénitentiaire.
Le calme revient, l’émeute est maîtrisée. Les cellules et les zones collectives présentent une image de désolation. Les insurgés sont identifiés. 
 

Retour à la case prison

Intervention des gendarmes à la prison le 1er avril
Les gendarmes interviennent pour rétablir l'ordre à la prison de Rémire-Montjoly le 1er avril ©Olivier de Larichaudy
Six enquêteurs sont nommés pour mener l'enquête. La vidéo surveillance permet de retracer le fil conducteur de la mutinerie et d'identifier les meneurs. Ces enquêtes portent sur des faits de vol avec violence, séquestration, dégradation de biens d’utilité publique, port d’arme prohibé. L'addition est salée. Cinq détenus à l’origine des faits sont aussitôt arrêtés, puis déférés au Parquet pour comparution immédiate et condamnés à des peines allant de 2 à 3 ans d’emprisonnement ferme. Le sixième sera jugé le 23 juin.


Nouvelle audience le 3 juillet

Douze autres détenus ont pu être identifiés. Cinq d’entre eux ont reconnu les faits et sont condamnés à des peines allant de 3 à 16 mois d’emprisonnement. Quant aux 7 autres, un a été relaxé (le parquet a interjeté appel) deux, condamnés à des peines d’un an et de deux ans, et les procédures concernant les quatre derniers sont renvoyées au 3 juillet. Les mutins ont été sanctionnés également par des peines disciplinaires, au sein de la prison.
En outre, les détenus reconnus coupables sont condamnés à verser des dommages et intérêts. Les dégâts, en effet, sont estimés à 110 000 euros.




 
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