Les journées de l'eau se penchent sur l'assainissement

politique
11e journees de l'eau
©J.X
L'eau ne se jette pas, elle se transforme. C'est un peu l'idée qui sous-tend la 11ème édition des journées de l'eau, étalée sur toute cette semaine à Cayenne. L'occasion d'échanger une nouvelle fois sur des problématiques communes en particulier l'assainissement cette année. 
La nécessité d'intégrer une véritable politique de l'eau dans les programmes de développement est aujourd'hui largement prise en compte par les collectivités, encore faut-il diffuser au grand public ces principes de gestion plus intelligente de l'eau. Impulsée par la communauté d'agglomération de Guyane et les syndicats intercommunaux de la Guadeloupe et de la Martinique, la 11ème édition des journées de l'eau s'adresse en partie au plus grand nombre au travers d'une exposition au Zéphyr à Cayenne. Petit bémol, à peine une dizaine d'exposants, mais pour le plus grand bonheur de certains parents, les enfants n'ont pas été oubliés. Des animations présentant différents processus de traitement de l'eau, maquettes et échantillons à l'appui ont ainsi ravi les plus petits. Une sortie sous forme d'éveil citoyen pour Agnès, une mère de famille rencontrée sur le stand de l'association Sololiya avec ses trois filles. "C'est important qu'elles comprennent ce qu'est l'eau potable, comment on la produit, même pour moi, comme j'ai une petite plantation, la question de l'eau m'intéresse", nous confie-t-elle. "Tout l'intérêt est là, expliquer aux plus jeunes que l'eau du robinet qui est une eau potable est le fruit d'un traitement. Nous leur montrons des procédés physiques, mais ensuite nous leur expliquons que cette eau claire n'est pas encore potable, qu'il faut un traitement chimique également", explique Gaël juste à côté, animateur au stand de Com en sciences


La tendance de l'assainissement compact

La préoccupation demeure mondiale et l'ONU a justement consacré l'année 2013, Année internationale de la coopération dans le domaine de l'eau. L'occasion d'élargir le cercle des journées de l'eau à l'Amazonie et à la Caraïbe avec des délégations invitées venues du Suriname mais aussi de Sainte-Lucie. Toute la semaine, professionnels, élus, cadres d'administration ont échangé autour d'une série de questions liées au traitement des eaux usées dans nos régions. En la matière, si les procédés ayant recours au lagunage sont plébiscités en Guyane du fait du foncier disponible, de nouvelles tendances arrivent notamment celle des mini-stations d'épuration dans la filière dite des compacts. Cette technologie qui n'a pas plus d'une dizaine d'années permet de synthétiser sur de très petites parcelles, l'équivalent du traitement des eaux par épandage pour les logements non raccordés à un réseau d'assainissement collectif de la filière traditionnelle- jusqu'à 80% dans certaines communes rurales de la Communauté d'agglomération. Depuis 2006, un service s'occupe exclusivement de ces questions, le Spanc, soit Service public d'assainissement non collectif. Gregory Prévot en charge de ce service de la Communauté d'agglomération estime que "cette tendance est réelle". Dans ce contexte le rôle de l'administration "est d'accompagner les usagers, car ces nouvelles technologies, utilisent de l'électricité et génèrent des boues, il faut donc un entretien régulier, nous instruisons les dossiers et veillons à la bonne information du public", développe Gregory Prévot. "La question de l'assainissement reste l'enjeu majeur des années à venir", ajoute Ahmed Houssein, directeur général des services de l'Agglomération. La législation évolue par ailleurs, dans le sens d'une plus grande clarté des règles du jeu en matière d'assainissement tant pour l'administration que pour les particuliers. Un mouvement qui s'accompagne irrémédiablement de contrôles des nombreux équipements individuels pour éviter les risques sanitaires. En Guyane ces contrôles devraient véritablement débuter dans le courant de l'année.