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Camopi sous tension

Un ressortissant brésilien tué par un gendarme dans la nuit de mercredi à jeudi à Camopi suite à un contrôle dans le cadre de la lutte contre l’orpaillage clandestin. Depuis la tension est montée d’un cran à Camopi, avec des échauffourées entre brésiliens et des habitants de la commune.

Vila Brasil sur la rive brésilienne © Franck Leconte
© Franck Leconte Vila Brasil sur la rive brésilienne
  • Laurent Marot
  • Publié le , mis à jour le

Rappel des faits

Cette nuit-là, des gendarmes prennent en chasse une pirogue qui remonte la rivière Camopi à bord, trois hommes suspectés de monter des marchandises vers les sites d’orpaillage clandestin. Selon le parquet, les fuyards font un brusque demi-tour pour échapper aux gendarmes. La manœuvre fait chavirer  l’embarcation des gendarmes trois d’entre eux se retrouvent à l’eau. Sur la pirogue des clandestins, deux hommes plongent à leur tour pour s’enfuir, il reste à bord le takariste, qui met en joue les militaires avec un fusil. Il aurait peut-être tiré deux fois sur les gendarmes. L'enquête devrait le déterminer. Un des militaires tire à son tour avec son fusil à pompe, un autre avec son pistolet, atteignant le takariste à la tête, un tir mortel. Le gendarme a été placé en garde à vue à Cayenne, garde à vue levée ce matin. La victime habitait Vila Brasil, un village de commerçants brésiliens en face de Camopi.

Camopi a peur

Hier à la mi-journée, l’épouse brésilienne de la victime traverse le fleuve et se rend à la gendarmerie de Camopi pour réclamer le corps de son mari. Les gendarmes refusent pour les besoins de l’enquête qui nécessite un examen médico-légal. En début de soirée, un groupe de brésiliens venu de Vila Brasil se rend à nouveau à Camopi, sur l’ilet Moulat, près du bourg. Selon des témoins présents sur place, ils tirent à l’arme de chasse sur des habitants, dont la maison d’un piroguier. Des habitants répliquent, eux aussi à l’arme de chasse. Quatre brésiliens sont légèrement blessés. Pas de blessé signalé en revanche parmi la population de Camopi sauf que désormais, c’est la peur. Peur notamment de se rendre sur le fleuve. Selon le directeur de cabinet du préfet, 12 gendarmes mobiles ont été envoyés sur place, commandés par un lieutenant-colonel, et les autorités brésiliennes ont été saisies. Les militaires en poste sur la rive d’en face ont patrouillé aujourd’hui et le calme semble revenu pour le moment.
 

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