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Léon Bertrand devant les juges

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Léon Bertrand accompagné de son épouse
Léon Bertrand et son épouse ©Laurent Marot
Le procès de l'affaire de la CCOG (Communauté de Communes de l'Ouest Guyanais) a commencé ce matin devant le tribunal correctionnel de Fort de France, en Martinique. Il doit durer cinq jours, jusqu'à mercredi.
Léon Bertrand est arrivé au palais de justice ce jeudi matin, un peu avant l'heure de la citation, costume bleu sombre, chemise blanche, sans cravate, aux côtés de son épouse. Mis en examen pour favorisitme et corruption passive, l'ancien secrétaire d'état puis ministre UMP du tourisme (2002-2007), ancien président de la CCOG et maire de St Laurent s'est présenté devant le tribunal correctionnel, avec huit autres prévenus, cités à comparaître dans le cadre de l'affaire des marchés présumés truqués de la CCOG, de la SENOG et de la mairie de St Laurent, entre 2003 et 2009. Dûment convoqué par huissier à son adresse guyanaise, Jacky Hildenbrand, gérant à l'époque de la société "3C" ne s'est pas présenté au palais de justice. Il sera jugé en son absence. Parmi les autres prévenus figurent les deux anciens directeurs de la CCOG et de la SENOG, le chef de cabinet de Léon Bertrand, tout trois mis en examen pour favoritisme et corruption passive, plus la prise illégale d'intérêt pour le chef de cabinet, Richard Cheung A Long. Enfin, cinq chefs d'entreprise sont présents, la plupart d'entre eux comparaissant pour recel de favoritisme et corruption active.

Demande de nullité "jointe au fond"

Le début de l'audience a été consacré au débat sur une demande de nullité déposée par écrit par deux avocats de la défense, dont Maître Alexandre Varraut, l'un des conseils de l'ancien ministre du tourisme. Plusieurs autres avocats de la défense se sont joint à cette demande, dénonçant tour à tour "une instruction uniquement à charge" selon eux, et décrivant l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel rédigée par le juge d'instruction Thierry Rolland comme étant "un copier-coller" du réquisitoire du ministère public. Des arguments battus en brèche par le représentant du ministère public, Jean-Philippe Navarre, qui évoque une procédure équilibrée et les "occasions perdues" par la défense pour demander des actes pendant l'instruction. Après une demi-heure de délibéré, sans surprise, les juges ont joint la demande de nullité au fond, lancant ensuite les débats avec un commissaire de la Direction Générale de la Concurrence de la Consommation et de la Répression des Fraudes, auteur d'un rapport pointant des anomalies sur des marchés publics à la CCOG. Ce sera ensuite au tour du directeur d'enquête, un brigadier chef de la Division Nationale des Investigations Financières, basée à Nanterre, de venir témoigner.

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