Rendez-vous manqué entre la Siguy et les habitants de Zéphir

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Maison individuelle à Zéphire
©Marc Opolo
Des locataires de la cité Zéphir sont dans la tourmente. Ils ont appris par courrier la destruction prochaine de leurs maisons. Les habitants, la CLCV et le DAL ont sollicité une rencontre avec le bailleur. Elle était prévue vendredi dernier. Arrivés au rendez-vous, ils ont  trouvé porte close.
Patrick Faham est l'un des habitants du quartier. Dans six mois sa famille et lui seront peut-être à la rue. A moins qu’ils ne trouvent un logement entre temps. En tout cas, ils ne seront plus dans cette maison à Zéphir qu’ils occupent depuis plus d’une quarantaine d’années.  Sauf si la Siguy (Société immobilière de la Guyane) renonce au projet de démolition qui inquiète tant cet homme. Pour Patrick Faham, cette maison est plus qu’un logement. C’est là qu’il a grandi. Si le bail a commencé avec sa mère, il se poursuit aujourd’hui avec lui depuis 25 ans.


Démolition annoncée

Ses ennuis commencent avec ce courrier qu’il découvre dans sa boite aux lettres. Ce courrier lui annonce que son bail qui arrive à son terme dans six mois, ne sera pas renouvelé. Comme motif, le bailleur évoque l’article 15-1 de la loi du 6 juillet 1989… Selon les dispositions de cet article, le bailleur peut donner congé au locataire pour les manquements suivants : « incidents de paiement répétés », « dégradation des lieux loués », « plaintes des voisins », « non-respect de la destination des lieux loués », « démolition de l’immeuble », « expropriation de l’immeuble », et « reprise d’un logement par le bailleur personne morale pour le louer à un de ses salariés ».


Non concerné par ces motifs

Le motif à prendre en compte ici est « démolition de l’immeuble ». Mais en décortiquant l’article évoqué par le bailleur, il remarque que ce texte de loi parle de démolition d’immeuble. Or lui, il habite une maison individuelle. Il pense ne pas être concerné par cet article. C’est aussi l’avis des associations CLCV (Consommation Logement et Cadre de Vie) et DAL (Droit Au Logement) qui s’emparent du dossier pour comprendre les véritables motivations du bailleur. Mais pour être mieux entendu, ils veulent agir ensemble, avec les locataires. L’association des habitants de la cité Zéphir est donc créée puisque Patrick Faham n’est pas le seul menacé par ces démolitions annoncées. Selon les habitants, une quinzaine de maisons serait la proie des bulldozers. Les associations sollicitent un rendez-vous avec le bailleur.


Rendez-vous manqué.

Mais vendredi dernier, lorsque les associations se présentent comme convenu au siège de la société à Cayenne, toutes les portes sont fermées. Ce rendez-vous aurait été confirmé par un mail envoyé par la responsable de l’agence de Cayenne. « Nous avions rendez-vous à 16 heures 30 pour discuter des motifs des démolitions. Nous sommes là, mais nous constatons qu’il n’y a personne pour nous recevoir puisque tout est fermé. C’est un manque de respect », s’insurgent les responsables des associations. Pour essayer de comprendre la raison de cette absence, ils tentent de joindre par téléphone la responsable de l’agence de Cayenne, mais personne ne décrochera. Après avoir attendu pendant plus d’une trentaine de minutes, tous repartent dépités.

Ce matin par courrier, le directeur de la Siguy affirme que la réunion était prévue vendredi à 11h00 au siège de la société. Les habitants et associations avaient imposé un horaire : 16h30. Or à cette heure le vendredi après-midi, le siège de la Siguy est fermé.  






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