Le président du CLCV Guadeloupe fait un état des lieux inquiétant du logement en Guyane

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Immeuble en démolition à la cité Mirza
©guyane 1ère
Depuis mercredi, l’association Consommation Logement et Cadre de Vie (CLCV) existe officiellement en Guyane. Elle a été mise en place par Camille César-Auguste, le président de la CLCV Guadeloupe mandaté par les responsables nationaux. Avant l’installation, il s'est rendu sur le terrain.
Un œil extérieur pour décrire et dénoncer les carences en matière de logement en Guyane. Cela va peut-être en choquer plus d’un. Mais Camille César-Auguste n’est pas un simple observateur. Le président de la CLCV Guadeloupe est en quelques sortes un expert car il côtoie ce milieu depuis de nombreuses années. C’est d’ailleurs lui qui a créé l’association en Guadeloupe en 1998. Mandaté par les responsables nationaux, il a installé la structure officiellement en Guyane ce mercredi. Mais avant l’installation,il a visité dans la matinée, la Rénovation Urbaine, Mirza et les Floralie, trois quartiers de Cayenne menacés par des plans de démolitions.
                                

Visite des lieux

« Nous avons été très surpris de la quantité de problèmes que nous avons vus dans ces cités. Nous sommes tombés des nues. Moi personnellement, j’ai eu l’impression de me retrouver dans des quartiers de la Guadeloupe de 1960 ». Camille César-Auguste exagère peut-être. Mais c’est probablement pour mieux faire ressortir l’état de certains logements dans notre département. Selon le président de la CLCV Guadeloupe, le logement en Guyane vit une misère impressionnante. « Même les logements réhabilités ne font pas bonne figure. On a l’impression qu’on leur a donné un coup de peinture en façade pour cacher la misère », ajoute-t-il. Pour lui, il est important d’entrer en contact avec les habitants pour mieux comprendre leur quotidien. A la Rénovation Urbaine, Camille César-Auguste remarquera que si certains logements sont en bon état, d’autres le sont moins. Les locataires ne manqueront pas de lui parler des inondations qui durent et perdurent depuis des années à la Rénovation Urbaine 4. A Floralie, il fait pratiquement le même état des lieux avec les mêmes difficultés pour les locataires.
A Mirza, il a constaté dès le premier coup d’œil que « les bailleurs ne font pas leur boulot ». Le président de la CLCV Guadeloupe reste bouche bée lorsque des habitants lui disent qu’ils habitent là depuis 1978 et qu’ils n’ont jamais vu un coup de peinture. « Forcément, aujourd’hui les logements sont en piteux état, et on veut les démolir. Les bailleurs touchent des loyers, il faut qu’ils prennent leurs responsabilités », dit-il l’air agacé. Pour Camille César-Auguste, que ce soit à la Rénovation Urbaine, à Mirza ou à Floralie, le maître-mot est « réhabilitation ». Il estime que les maisons doivent êtres rénovées, et non démolies, parcequ'’en démolissant, on détruit toute une partie du vécu des habitants.
 

Une solution humaine

Pour le président CLCV Guadeloupe il faut garder le côté humain des choses : « En réhabilitant, on préserve l’histoire des lieux, le vécu des habitants. Et puis, on ne peut pas dire : on va démolir et on verra après pour le relogement. Le relogement doit être la première chose à discuter avec les habitants », regrette Camille César-Auguste. Beaucoup de choses inquiètent le président de la CLCV Guadeloupe. Selon lui, en Guyane, les textes de loi et les procédures ne sont pas toujours respectés. Et c’est exactement ce qui le motive dans la mise en place de l’association dans notre département. Une structure qui, dit-il, jouera pleinement son rôle auprès des bailleurs pour apporter des réponses satisfaisantes aux uns et aux autres.