publicité

« Beauregard, une habitation sucrière et ses esclaves dans la colonie de Guyane de 1775 à 1891 » de Eugène Epailly

Imaginez vous en 1775, la Guyane est encore une colonie à peine peuplée, déjà victime de sa funeste réputation. Pourtant, les grandes habitations  pullulent et tentent le  développement économique. L’une des plus connues est Beauregard.

© DR
© DR
  • Marie Claude Thébia
  • Publié le

La restitution

Beauregard  est aujourd’hui raconté dans un livre intitulé « Une habitation sucrière et ses esclaves dans la colonie de  1775-1891 » écrit par Eugène Epailly docteur en Lettres et Sciences humaines, passionné d’histoire .Un véritable travail d’orfèvre sur 10 ans, fruit de longues recherches très poussées ,en Guyane mais aussi à Aix en Provence et à Orléans . Ce n’est pas un roman .Pas à pas, Eugène Epailly, nous amène au cœur de l’habitation, avec précision,  il détaille le passé de Beauregard.  .

Des vestiges à Rémire

L’habitation Beauregard  était située à Rémire non loin du quartier Moulin à vent. On peut encore trouver en allant sur place,  des vestiges de ce lointain passé : des cuves, des briques, des restes d’une vie perdue .L’habitation s’étendait sur plus de 832 hectares .On y cultivait de la canne à sucre, du café grâce aux esclaves, une main d’œuvre servile. Rien de bien nouveau en fait,  mais Eugène Epailly réussit par ce travail de fourmi à faire revivre un monde désormais révolu.
Ce  livre renferme  de nombreux documents d’époque, des gravures, d’anciennes cartes qui permettent de mieux visualiser le domaine. Le livre est découpé en 5 chapitres, évoquant  la vie quotidienne  des habitants, l’organisation administrative et matérielle, les rapports maîtres esclaves, son développement économique mais aussi ses grandes  difficultés.
 

Le samedi jour nègre

Il existait par exemple en 1847, 57 cases à esclaves de 9 m carrés en bois,  recouvertes de palmes. La surface de la maison dépendait du nombre d’habitants …Les cuisines se trouvaient  à l’extérieur.
Les esclaves  travaillaient de 6h à 10h par jour entrecoupées de deux pauses déjeuner, le samedi était le jour nègre, le jour qui leur était réservé. L’auteur raconte les rapports entre esclaves ou entre maitres esclaves. L’habitation est organisée en micro société.
Selon l’auteur Beauregard est, je cite : « un microcosme servile, sorte de laboratoire humain ou vices et vertus s’accommodent, tendus vers l’enrichissement des uns et l’avilissement de tous » 
 

Grandeur et décadence

 Avec l’Abolition, au fil des époques,  Beauregard perd de sa superbe, sera vendue, morcelée. Le livre aurait pu s’appeler « Grandeur et décadence d’une habitation. »
On se prend vraiment à rêver à une autre époque.
 
« Beauregard une habitation sucrière et ses esclaves dans la colonie de Guyane de 1775 à 1891 » par Eugène Epailly , docteur en lettres et Sciences humaines . 

Sur le même thème

L'actualité la 1ère partout et à tout moment
Téléchargez l'application La 1ère
  • AppStore
  • Google Play