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Karl Joseph, un photographe investi pour la Guyane

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Karl Joseph, directeur artistique ©Karl Joseph
L'association "La tête dans les Images" boucle la 3ème édition des Rencontres Photographiques de Guyane. Le directeur artistique de l'événement Karl Joseph en présente les enjeux. 12 expositions dans  7 lieux et 4 villes différentes sont proposées au public.
Karl Joseph comment s'annonce ce troisième RDV des Rencontres photographiques?
 
Bien ! En tout cas, je l’espère ! Un festival est toujours une succession d’aventures et la pression est intense jusqu’au dernier jour, mais tout devrait bien se passer ! 
Au niveau des expositions, nous en avons prévu 12, dans 7 lieux différents et dans 4 villes : Cayenne, Rémire-Montjoly, Kourou et Saint-Laurent du Maroni. La tâche est ardue car la plupart des festivals photographiques se déroulent dans une seule ville. Évidemment, cette caractéristique géographique rend l’organisation plus compliquée mais nous essayons autant que possible de faire rayonner la photographie hors de Cayenne. Au niveau programmation, nous sommes heureux de présenter une thématique forte, qui a selon nous toute sa place en Guyane : Haïti. 
Chaque année, nous nous attachons à éclairer une ou plusieurs des communautés qui composent la Guyane. Il faut dire que la diversité culturelle de notre région est extraordinaire ! Cette année, nous avons donc souhaité aborder ce pays et sa population, avec de nombreux regards et travaux, réalisés par des photographes reconnus au niveau régional, national et international. Nous n’avons cependant pas pu résister au fait de montrer les archives du docteur Collin, médecin colonial, sur les bagnards. Elles seront présentées au Camp de la Transportation à partir du 21 novembre et non à partir du 6 comme prévu. En effet, la réfection de la salle d’exposition a pris du retard. Il faut aussi noter qu’à Kourou, les expositions de la jeune garde haïtienne seront finalement au Pôle Culturel de Kourou (médiathèque) et non au CAB. Un changement de dernière minute important à connaître pour tous ceux qui souhaitent s’y rendre ! Ce sont les des aléas de l’organisation...
Tout ne se déroule pas toujours comme prévu, Mais notre programmation est solide et nous espérons qu’elle attirera de nombreuses personnes, dont les scolaires pour lesquels nous sommes en train de former des médiateurs afin qu’ils assurent des visites guidées. Et puis il faut rappeler que Les Rencontres ne se limitent pas aux seules expositions : les vernissages sont de bons moments à partager pour découvrir les clichés (la soirée d’ouverture aura lieu à l’EnCRe le 6 novembre à partir de 19 heures) et nous proposons aussi une soirée de projections sur la place des Palmistes (le 7 novembre), une double-conférence à l’Université de Guyane (le 8 novembre), des ateliers photographiques (« Studio Pro » et « Photographier la rue »). Bref, nous essayons de proposer quelque chose de complet ! 
 
 Depuis la 1ère édition qu'est ce qui a changé, pensez-vous avoir contribué à une nouvelle conscientisation de l'art photographique en Guyane? 
 
Nous espérons y avoir contribué, mais cette conscience et cet amour de la photographie existaient ici bien avant la première édition des Rencontres Photographiques de Guyane ! 
D’ailleurs, depuis la première édition, nous présentons les travaux de photographes guyanais de talent qui ne nous ont pas attendu pour exercer leur créativité et leur capacité à saisir l'instant. Je pense à Vano, Billy, Prosper, Mirtho Linguet ou encore Katia Clamaran. Et cette année, Erick Loitière nous a fait le grand plaisir de réaliser un travail exceptionnel sur les personnes d’origine haïtienne ou nées en Haïti et qui font partie de notre Guyane bien aimée. Il s’agit de « Diaspor’Haïti » qu’on peut déjà voir sur les grilles de Guyane 1ere. Les clichés sont superbes, et la technique, impressionnante. Tout cela pour dire que de nombreuses personnes ici ont conscience de la dimension artistique et documentaire de la photographie ! Cependant, j’espère que ce festival, en offrant plusieurs expositions en même temps, dans divers lieux, aussi bien dans ceux qui sont dédiés à la culture que des espaces extérieurs, permet de toucher un public plus large. J’espère qu’en faisant cette démarche, les Rencontres Photographiques de Guyane vont aussi vers ceux qui n’auraient pas forcément prévus d’aller voir une exposition, en les interpellant directement. 
Sinon, ce qui a changé depuis la première édition, c’est que nous avons crée l’association La Tête dans les Images qui est désormais organisatrice à part entière du festival, alors qu’à l’origine il s’agissait d’une initiative de la Région Guyane.
 
Quelle autre action aimeriez-vous mener en Guyane ou ailleurs?    
 
Les envies ne manquent pas mais le temps et l'argent, hélas, font partie de ces limites avec lesquelles je suis obligé de composer ! J’aimerais beaucoup travailler sur les archives de nos photographes. Ils possèdent notre histoire visuelle, c’est un patrimoine à sauvegarder absolument. Il s’agit de véritables mines d’or quasi inexploitées. D’autre part, à travers l’association la Tête dans les Images, nous sommes en train de mettre en place des ateliers périscolaires qui devraient débuter au premier trimestre 2015 à Camopi et à Cayenne … Sur le plan de mon travail photographique, à quelques heures des Rencontres Photographiques de Guyane, je suis complètement concentré sur cet événement et j’ai un peu de mal à me projeter ! Mais j’ai quelques idées en tête et on m’a proposé des projets qui me tentent ! Reste à trouver le temps. 
 
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