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A question fausse, réponse forcément fausse

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Christiane Taubira
©AFP
« Kouman to fika Krisyann ? Ès to lé sa Prézidan Lagwiyann pou an 2015 ? Comment vas-tu Christiane ? Est-ce que tu veux être Présidente de la Guyane en 2015 ? » : « Awa. Non merci ». Une question posée à Christiane Taubira au "Petit journa"l de Canal + qui fait le buzz , mais pourquoi?
La réponse laconique de la Garde des Sceaux Christiane Taubira  en un mot "Awa" qui chez nous en créole selon l'intonation peut signifier un non ferme voire d'une voix traînante un peut-être.

Une question sans substance

En tout cas, la fermeté de la réponse de la ministre de la justice était la seule appropriée pour une question vide de substance. En effet si en 2015, il existe une probabilité d'élection pour la présidence de la future collectivité unique de Guyane, en aucune manière n'est prévue une quelconque élection pour une quelconque présidence de la Guyane. partant de là le "awa" de Christiane Taubira est plus que justifié.

Subtilité politique

Cependant il convient aussi de s'interroger sur ce cas sémantique, à savoir : serait-il une énième subtilité dans le registre politique d'une personnalité réputée en la matière. Christiane Taubira qui se dirait aujourd'hui pas intéressée par la présidence de la future CTG (Collectivité Territoriale de Guyane) n'est ce pas aussi un moyen de faire passer un message à l'ensemble de la classe politique guyanaise?
Si l'on se rappelle qu'au mois de novembre dernier, invitée au JT soir de Guyane 1ère, elle laissait le choix aux guyanais de décider ou non de sa participation à cette prochaine joute électorale. Son revirement lundi soir, s'il s'avère exact signifierait non seulement un désintérêt mais plus encore de grosses craintes sur la tenue même de ces élections pour l'assemblée unique.
En effet en tant que Garde des Sceaux, Christiane Taubira n'est pas sans savoir que depuis de longs mois, le processus même de mise en place de la CTG est décrié voire âprement critiqué par de nombreux juristes constitutionnalistes.
Si l'on se réfère à la contribution du juriste guadeloupéen Joseph Virassamy qui y a relevé pas moins de 11 infractions aux lois fondamentales et un conseil constitutionnel peu favorable à cette évolution institutionnelle, l'attitude de la ministre guyanaise devient plus que compréhensible et participerait donc de la stratégie politique.

Un "non merci" de circonstance

 Un "non merci" qui ne vaudrait donc que pour l'époque où il a été proféré. C'est à dire à un an d'une élection annoncée et à trois mois d'élections cantonales d'ores et déjà prévues catastrophiques pour le clan socialiste et le gouvernement.
Un énième séisme politique qui pourrait cette fois ci, ébranlé des bases gouvernementales et conduire à la dissolution de l'assemblée nationale. On se trouverait alors à neuf mois de l'avènement de la CTG et à cette date reposer la question de façon correcte à Christiane Taubira prendrait un autre sens.

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