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La fin des coupures d’électricité dans l’ouest guyanais ?

Neuf groupes électrogènes ont été livrés à Saint-Laurent-du-Maroni ce jeudi 28 juillet. Ils devraient préserver la population de l’ouest des coupures de courant à répétition. Cette solution d’urgence ne résout pas les problématiques énergétiques du bassin de l’ouest à long terme. 

Le site d'EDF à Saint-Laurent du maroni. © D.R
© D.R Le site d'EDF à Saint-Laurent du maroni.
  • Loïs Elziere
  • Publié le , mis à jour le
Le moteur toussote… Puis s’allume. Le ronronnement stable de ce nouveau groupe électrogène est comme un soupir de soulagement pour les élus de l’ouest invités par le directeur EDF Guyane, Augusto Soares Dos Reis. “Ces neufs nouveaux groupes électrogènes s’ajoutent aux six déjà sur site. Cela représente une puissance d’environ 15 mégawatts,  annonce-t-il, de quoi assurer les besoins de tout le bassin de l’ouest en cas de coupure de la ligne très haute tension.”
 

Une solution provisoire

L’ouest est dépendant de l'ile de Cayenne en matière d'approvisionnement électrique. La ligne très haute tension qui longe le littoral est donc la seule source stable en énergie pour toute la région de Saint-Laurent du Maroni. Stable ? Les coupures à répétitions sont la preuve que non. Pour Bernard Sellier, adjoint réseaux et assainissement à la mairie, les groupes électrogènes sont une solution temporaire : « Ce n’est que la phase 1, un plan d’urgence pour éviter les absences de courant prolongées. Après une phase 2 intermédiaire, nous attendons surtout la phase 3 : la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), qui doit être approuvée et financée par Paris. »
Ce dossier doit répondre à l’horizon 2025 au boom démographique et économique de l’ouest guyanais. Il est théoriquement question que ce dernier soit autonome en énergie avec une capacité de production sur site de 20 mégawatts.  
 

Le collectif Les Iguanes à l’écart

Le collectif citoyen Les Iguanes a porté la colère de la population de l’ouest le 12 juillet dans une réunion publique en présence du président de la CTG Rodolphe Alexandre, du directeur EDF Guyane, et d’élus locaux. Leur porte-parole, Jean-Baptiste Manuel, se dit déçu et surpris d’apprendre la mise en route des nouveaux groupes électrogènes sans avoir été conviés : « Nous sommes quand même à l’origine d’un mouvement qui a permis d'accélérer les choses… Un travail a été fourni par EDF mais ce n’est qu’une solution provisoire. Nos revendications sont claires et s’appuient sur l’avis des techniciens EDF locaux : nous voulons une turbine à combustion de 20 mégawatts et le doublement de la ligne très haute tension. Sachant que Kourou possède 2 turbines à combustion, que représente la population de l’ouest en Guyane ?... »
 

L’avenir encore flou

Les différents acteurs semblent s’accorder sur une capacité de production autonome de 20 megawatts à long terme. Mais un flou persiste sur les moyens. La turbine à combustion est moins sûre que les groupes électrogènes pour la direction d’EDF. Cette dernière évoque la construction d’une centrale biomasse. La PPE doit déterminer tout cela. Les discussions se poursuivront dans les prochaines semaines entre EDF, l’État, la CTG, la CCOG et Les Iguanes. Elles promettent d’être tendues.

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