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Le Guyana part à la conquête de son avenir économique

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Georgetown
Une rue de la capitale du Guyana, Georgetown ©DR
Malgré un différend sérieux avec le Venezuela, David Granger élu en mai 2015, Président de la République coopérative du Guyana fait front pour moderniser son pays et développer son économie.

L’économie dépendante des cours des matières premières

L’activité en 2015 a ralenti au Guyana sous l’effet de la baisse des cours des matières premières, tout comme pour ses pays voisins, le Suriname et le Venezuela.
La croissance est essentiellement liée aux performances du secteur agricole (riz, sucre, crevettes) et de l’industrie extractive (or et bauxite).  Pour relancer l’exploitation des mines d’or, le Guyana a fait appel à des capitaux étrangers, ce qui devrait soutenir la croissance en 2016.
Les tensions ravivées récemment avec le Venezuela a conduit à une chute de la demande de riz guyanien , dont 40 % est exporté au Venezuela.
D’autre part, le secteur agricole reste soumis aux aléas météorologiques.
 

Relancer l’économie par la consommation

A peine élu, David Granger a lancé un plan d’austérité visant à réduire la dette publique. En parallèle, le gouvernement mise sur la relance de la consommation pour doper son économie.
Le gouvernement a donc prévu une hausse des salaires des fonctionnaires, une hausse des prestations sociales et un maintien des investissements dans les infrastructures.  
Avec ses mesures, l’inflation restée basse jusque là, devrait augmenter en 2016.
Enfin, le président devrait poursuivre la politique économique «  Lalow Carbon Dévelopment Stratégy », reposant sur la réduction des émissions  de carbone et la déforestation, en échange d’une assistance au développement.

 
Un  différend sérieux avec le Venezuela

En 2015, le différend avec la Venezuela qui date de la fin du XIX ème siècle, a connu un regain d’actualité spectaculaire.
Cette tension entre les deux pays est consécutive à la confirmation par le groupe pétrolier américain Exxon Mobil de la présence d’un gisement  prometteur de pétrole offshore, situé approximativement à 195 km du Guyana. Une semaine après l’annonce d’Exxon Mobile, le gouvernement vénézuélien élargissait sa frontière maritime par un décret  présidentiel.  Ce décret intègre ainsi le territoire contesté le long de la rivière Essequibo, qui englobe le nouveau gisement dans la façade atlantique du Venezuela.
Le Guyana a réagi en annonçant que la décision unilatérale vénézuélienne  constituait « une menace pour la paix et la sécurité dans la région ». (source : blog du Washington post).
Même si le Venezuela a les moyens de faire céder le Guyana en rompant l’accord Petrocarib qui prévoit l’importation de riz guyanien contre du pétrole à prix favorables, le Guyana ne pliera pas.   
Compte tenu des risques, le litige sera certainement arbitré par le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon.  

 
S’appuyer sur la coopération régionale et internationale

David Granger annonçait au soir de son élection qu’il s’appuierait sur la coopération pour développer son économie. Depuis, Le Guyana a ouvert un consulat  à Cayenne et a normalisé ses échanges avec le Suriname.
Son appartenance à CARICOM (Caribean Community and Common Market) lui garantit une intégration et une coopération croissante.
En outre, le Guyana est membre des Nations Unies, de l’OMC et l’un des deux seuls membres du continent américain , avec le Suriname, de l’Organisation de la coopération Islamique. Ce qui lui permet de lever des fonds auprès de la Banque Islamique de Développement, détenue par l’Arabie Saoudite.
Ses relations avec le Brésil continuent à se renforcer à travers la signature d’un mémorandum concernant la coopération dans les transports et l’énergie entre les deux pays.
Ses relations avec les Etats Unis et le Canada sont marquées par l’existence de fortes communautés Guyaniennes dans ces deux pays (160 000 aux USA et 300 000 au Canada).
La chine  est également bien présente au Guyana. La société Chinoise Bosai Mineral Group a investi 1 milliard de dollars américains dans une usine de bauxite.
Mais le plus gros donateur est de loin l’Union européenne. Le 10ème Fonds européen de développement a alloué 51 millions d’euros, puis 108 millions d’euros au titre du «  Protocole Sucre ».
David Granger sait que son pays est économiquement faible et qu’il est un des plus pauvres en Amazonie. Il doit aussi compter avec les tensions ethniques entre indiens et africains.
Mais sa politique économique rigoureuse, les richesses de ses sols et sous sols et sa politique extérieure dynamique pourraient bien porter leurs fruits et étonner ses voisins amazoniens. 
Quelques chiffres sur le Guyana
Superficie : 214 969 km²
Population : 800 000 habitants (28% urbaine)
Capitale : Georgetown (140 000 habitants)
Monnaie : dollar guyanien
Indépendance : 26 mai 1966 fêtée le 23 février
Langue officielle : anglais
Religions : 57 % chrétiens, 33 % hindous, 9 % de musulmans
La composition ethnique de la population est complexe et joue un rôle déterminant dans l’histoire politique du pays.
7 % de la population est amérindienne
36 % est composée des descendants d’esclaves africains
50 % est composée d’indiens,  arrivés dans le pays entre 1846 et 1917 comme travailleurs sous contrats, pour concurrencer la main d’œuvre noire et contrecarrer les revendications sociales.
Le reste de la population est constitué de descendants d’européens (britanniques ou portugais) ainsi que des antillais, chinois et indonésiens.
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