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Migrants : De l’arrivée en Guyane au parcours du combattant

Des hommes, ou encore des femmes allongés à même le sol devant les agences de la Banque Postale de Guyane. Une scène à laquelle s’habituent de plus en plus les clients des agences. Ces personnes, là, installées très tôt la veille sont des demandeurs d’asile.

Migrants dormant à même le sol dans l'attente de l'ouverture de La Poste © Nikerson Perdius
© Nikerson Perdius Migrants dormant à même le sol dans l'attente de l'ouverture de La Poste
  • Océlia Cartesse
  • Publié le , mis à jour le
OFII pour Office Français de l’immigration et de l’intégration. Il gère et finance les dispositifs de premier accueil des demandeurs d’asile, dont leurs allocations. Des opérations possibles notamment grâce à des conventions signées avec différentes structures. Comme, celle, conclue en 2012 avec la Banque Postale.

En tant que banque citoyenne, le directeur régional de la Poste en Guyane Robert Tastet, rappelle que le slogan de la banque est d’accueillir tout le monde. Dans ce cadre là, La poste est donc la plus concernée dans l’accueil des personnes migrantes.
Sauf qu’en 2012, la situation n’était pas celle d’aujourd’hui. L’engorgement des bureaux de poste a même dû être évoqué au plus haut niveau du groupe, car il faut selon lui « que des solutions soient trouvées ».

Un système en surchauffe

Le syndicat UTG ne souhaite pas laisser cette situation prendre de l’ampleur : « On ne va pas rester silencieux, il faut absolument qu’on évoque le sujet. Après la solution, on ne sait pas qui la possède… en tous cas, il faut en parler. » précise Georges Abdelkader, secrétaire général UTG à la Banque Postale. 

Selon le syndicat, la direction régionale déroule sa stratégie, mais ne tient pas compte de la réalité. La tension est visible dans les bureaux. Pour les agents en première ligne, l’afflux permanent de demandeurs d’asile en très forte augmentation entraîne par exemple des conditions d’hygiène et de sécurité déplorables. C’est la poste qui reçoit en majorité ces demandeurs d’asile, « les employés viennent aujourd’hui à reculons, tant c’est dur psychologiquement. Ils craignent pour leur santé » rajoute Georges Abdelkader.

Le syndicat UTG, laisse le soin, à l’administration de La Banque Postale, de trouver des solutions. Le syndicat interpelle aussi les responsables politiques : les élus locaux et Etat. Selon lui, les dirigeants laissent la situation se dégrader. Depuis quelques semaines, La Banque Postale a lancé des discussions avec l’OFII. Résultat : les migrants qui souhaitent ouvrir un compte devront désormais se rendre à l’office pour prendre un rendez- vous. Ce n’est qu’à partir de ce moment, que les démarches dans les agences seront possibles.
 
Pour essayer de juguler et surtout contrôler les flux de migrants qui tentent la demande d’asile, le Préfet de Guyane Martin Jaeger annonce à brève échéance, une cellule de veille. Cellule locale qui travaillera en liaison avec les autorités nationales. Il s’agit d’organiser, d’accélérer et il de garder la main sur tous les domaines l’Etat doit faire valoir son autorité.

La marche à suivre

Une fois un migrant sur le sol français. Il se déplace en préfecture pour demander l’asile. Sa requête est enregistrée et envoyée à l’OFPRA, (Office français de protection des réfugiés et apatrides). Dès ce moment, le migrant en question est demandeur d’asile et ne dépend plus de la préfecture. L’Etat le retrouve une fois sa requête validée par l’OFPRA. Quand il est donc officiellement un étranger français.

Par ailleurs, tant que l’OFPRA n’a pas donné d’avis quant à la validation d’une demande, le demandeur d’asile est protégé. Et comme, selon la législation il a interdiction de travailler, il perçoit une allocation d’où la nécessité d’avoir une compte en banque et donc le véritable siège de la banque postale.
Enfin si la requête d’un demandeur d’asile est validée  par l’OFPRA, ce migrant obtient une carte de séjour et devient un étranger ordinaire.
Dans le cas inverse, il a obligation de quitter le territoire dans un délai de un mois.

Il faut savoir par ailleurs que la durée de traitement d’un dossier est variable. Cela dépend essentiellement de l’efficacité et de l’organisation de l’OFPRA. En général, la moyenne nationale estime le temps d’attente d’environ de un à 18 mois…

Le reportage de Nikerson Perdius

Dossier : les demandeurs d'asile et la population Partie 1

Dossier : les demandeurs d'asile et la population par Nikerson Perdius - Partie 1

Dossier : les demandeurs d'asile et la population Partie 2

Dossier : les demandeurs d'asile et la population par Nikerson Perdius - Partie 2

Le reportage d'Océlia Cartesse

Dossier : les demandeurs d'asile et leurs longues démarches administratives Partie 1

Dossier : les demandeurs d'asile et leurs longues démarches administratives par Océlia Cartesse - Partie 1

Dossier : les demandeurs d'asile et leurs longues démarches administratives Partie 2

Dossier : les demandeurs d'asile et leurs longues démarches administratives par Océlia Cartesse - Partie 2


Un contexte relativement tendu

C’est dans ce contexte que la Guyane est en ce moment en proie à un afflux massif de migrants. Ils veulent tous faire jouer le droit d’asile alors que bien souvent, ils ne viennent pas de pays où leur vie est en danger. Le nombre d’entrée d’étrangers se compte en milliers en Guyane. Selon nos informations, depuis un an, un peu plus de 5.000 migrants sont arrivés.

De manière tout à fait marginale, il y a des syriens ou des irakiens mais principalement des haïtiens. Des personnes, qui toujours selon nos sources, utiliseraient pour entrer sur le territoire français cette technique qui consiste à demander l’asile. Le droit d’asile, un droit défini par des conventions internationales. Dans toutes les grandes démocraties, les Etats ont une obligation légale d’accueillir des personnes dont la vie ou la sécurité personnelle pourraient être en danger. En Guyane on estime que 95% des personnes qui demandent l’asile sont déboutées. Sur les 5 000 demandes, il n’y a en conséquence que 5% qui sont retenues.

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