Avec 2 173 malades recensés et 2 morts, les chiffres de la dengue s'envolent en Guyane

dengue guyane
Epidémie de dengue en Guyane
©DR
Si en Guyane depuis le mois de mars toute l’attention est portée sur la Covid-19, une autre épidémie comptabilise presque autant de cas. Il s'agit de la dengue. Depuis janvier 2020 la Guyane observe  2 173 malades de dengue et 2 morts. Une situation inquiétante.
Si en Guyane depuis le mois de mars toute l’attention est portée sur la Covid-19, une autre épidémie comptabilise presque autant de cas : depuis janvier 2020 la Guyane a observé 2 173 malades de dengue et compte 2 morts.
Il faut dire que  le contexte de la crise Covid complexifie la lutte contre la dengue, la communication covid a parasité celle de la dengue. Sans compter que les symptomes des deux virus sont quasi les mêmes.
 

L'ensemble du territoire est touché

La majeure partie du  territoire guyanais est en situation d’épidémie de dengue depuis plusieurs semaines : les secteurs du Maroni (d’Apatou à Maripasoula), du Littoral ouest (Saint Laurent, Mana, Awala), de Kourou (de Montsinéry à Iracoubo), de l’Île de Cayenne (Cayenne, Rémire, Matoury).
Quand au secteur de l’Oyapock (Ouanary, Saint Georges, Camopi) il est considéré  en situation de « foyers épidémiques". Sur le reste du territoire, seuls des cas sporadiques sont observés.
Le nombre total de cas a continué d’augmenter au cours des dernières semaines.
Les passages aux urgences et les hospitalisations pour dengue sont également en forte hausse.
Deux décès ont été signalés au mois de  mai.
Le dernier bilan épidémiologique de la dengue fait état de 2173 cas depuis janvier 2019.


Un contexte de confinement défavorable pour la surveillance épidémiologique

Toutefois ces données sont à interpréter avec précautions. Le contexte d’alerte face à la pandémie Covid-19 notamment, l'instauration du confinement ont influé sur la surveillance épidémiologique de la dengue. Les explications de Sandrine Chantilly, adjointe au Chef de Pôle prévention Solidarité Santé à la CTG :

La communication faite autour de la Covid vient parasiter la communication dans la lutte contre la dengue. Et pourtant, il s'agit de rester vigilent dans la suppression, l'identification des gîtes larvaires car bien entendu cette maladie vient rajouter à l'impact sur le système de santé. Il est important que chacun se mobilise au domicile de façon à chasser le moustique au mieux de ses possibilités.


Une mission complexifiée par cette crise covid. Le respect des gestes barrieres a impacté les maraudes aux domiciles des habitants. De nouvelles techniques de prévention sont donc adoptées :  le do it yourself afin que chacun prenne le relais dans la suppression des gites larvaires  avec notamment la fabrication de vidéos pédagogiques.
Mais d’autres paramètres sont à prendre en considération dans la lecture des derniers bilans epidemiologiques de la dengue.
L'évolution constante des stratégies de test de la dengue dans un contexte de tension sur les réactifs peuvent mener à une sous-estimation des cas. Mais aussi la chute des consultations en médecine de ville et dans les centres hospitaliers pendant le confinement et enfin les similitudes des symptômes de la dengue et du virus Covid-19 souligne le docteur Tegna Léopold,
médecin généraliste :

... Les patients sont restés à la maison, ils n'ont pas voulu aller chez le médecin. Ils ont eu peur des cabinets médicaux, de l'hôpital...


Cette maladie n’est pas à prendre à la légère. La dernière grosse épidémie date de 2013. Elle  avait fait 6 morts et plus de 13.000 malades.
La seule solution reste l'élimination des gîtes larvaires, une responsabilité collective mais aussi individuelle.
 
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