La coopération transfrontalière entre la Guyane et l'Amapa sur la crise Covid-19 se poursuit à distance

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Débarcadère de Saint-Georges de l'Oyapock
Débarcadère de Saint-Georges de l'Oyapock ©CL
La crise coronavirus s'accentue en l'Amapa, l'Etat brésilien voisin de la Guyane avec lequel ont été créés des liens de coopération de longue date notamment par le biais de la sous-commission mixte transfrontalière de santé. Les échanges continuent à distance alors que la frontière est fermée.
Lima da Silva Campos distribue de l'aide alimentaire
Lima da Silva Campos (masquée à gauche) distribue de l'aide alimentaire ©Lima da Silva Campos
Alors que la situation sanitaire s'aggrave en Amapa avec un foyer de l'épidémie concentré dans la capitale Macapa, pour les plus proches voisins situés à Oiapoque, l'inquiétude grandit et la précarité s'accentue. La semaine dernière, la présidente de l'Union des commerçants de la ville frontière a lancé un appel à l'aide poignant aux autorités françaises. Elle demande surtout du soutien médical dénonçant un manque de moyens global sur la rive brésilienne.


Des échanges permanents sur les situations de chaque côté de l'Oyapock

La coopération sanitaire  transfrontalière serait-elle  interrompue avec l'Amapa ? Non répond l'Agence régionale de santé :
La Guyane entretient une coopération très ancienne avec l’Amapa. La crise Covid-19 change un peu la donne car les frontières sont désormais fermées mais la coopération continue. Il y a trois groupes WhatsApp actifs avec des échanges quotidiens : un groupe « institutionnel » avec les membres du groupe santé de la Commission Mixte Transfrontalière, un deuxième « diplomatique » animé par la préfecture et un deuxième sur l'épidémiologie et la veille sanitaire. Tous les jours, un échange de données se fait sur les cas et les décès Covid en Amapa, à Oiapoque et en Guyane.
 

Des échanges particuliers sur les besoins d'Oiapoque et de l'Amapa dans son ensemble

La dernière réunion physique s'est déroulée le 21 avril 2020 avec le sous-préfet aux communes de l'intérieur pour travailler notamment sur la création d'un point d'entrée unique, au niveau du pont de l'Oyapock. A ce point d'entrée pourront passer des patients, nous précise t-on, s'ils ont des soins habituels au centre de santé ou s'il s'agit d'urgences médicales. Les dernières réunions WhatsApp se sont déroulées le 28 avril 2020 et le 1er mai 2020 surtout sur les questions de la situation à Oiapoque.
Les participants de la sous commission santé réunis en décembre 2019 à l'institut Pasteur de Cayenne
Les participants de la sous commission santé réunis en décembre 2019 à l'institut Pasteur de Cayenne ©ARS


Un soutien effectif qui se met en place

L'entrée de l'hôpital d'Oiapoque
L'entrée de l'hôpital d'Oiapoque ©Claude Joseph
La commission reste très attentive à la situation à Oiapoque mais aussi en Amapa et à leurs besoins en matériel de réanimation, tests ou matériels de protection. Nous étudierons très rapidement toute demande précise et commençons à nous organiser pour voir comment y répondre au mieux. Les enjeux peuvent dépasser le niveau régional et impliquer les capitales nationales, à Paris et Brasilia.
 

Une ouverture de la frontière que pour des motifs sanitaires

Le déconfinement ne signifie pas l'ouverture des frontières précise l'ARS. Il va falloir maintenir les points d'entrée « santé » aux frontières, au pont de l'Oyapock et au débarcadère de Saint-Laurent-du-Maroni. Il s'agit de permettre, en toute sécurité vis-à-vis du Covid, le passage pour des motifs sanitaires des personnes déjà suivies en Guyane et pour les urgences médicales.
Les chiffres du dernier point épidémiologique en Amapa
Ce 3 mai, il y avait plus de 295 cas positifs nouveaux en Amapa soit un chiffre total qui atteint 1 482 cas confirmés dont 1099 à Macapa, la capitale qui est le foyer de l'épidémie de coronavirus. 521 personnes ont guéri mais 43 patients sont décédés dont 3 en 24h. 
A Oiapoque ont compte 24 personnes touchées par le Covid-19 et 63 cas suspects.
 
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