Covid-19 : infirmières et masseurs-kinésithérapeutes libéraux tirent la sonnette d'alarme

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Covid-19 : infirmières libérales et Masseurs kinésithérapeutes libéraux demandent des explications au Préfet
Mylene Mathieu, présidente de l’URPS des infirmiers libéraux, Geoffrey Chapelain, président de l’URPS des masseurs-kinésithérapeutes libéraux et une médecin ont été reçus par le Préfet. ©Yves ROBIN
Plusieurs infirmières, masseurs-kinésithérapeutes et médecins libéraux ont tenté de s'inviter à la réunion de la Cellule Interministérielle de Crise aujourd'hui à la Préfecture. Ils contestent l'obligation vaccinale qui leur est faite avec le risque d'un manque de soignants de ville au 15 septembre.

Aujourd'hui (jeudi 26 août), 35% des infirmiers libéraux de la Guyane ne seraient pas vaccinés. Soit 75 des 206 infirmiers libéraux du territoire. Si au 15 septembre, la loi s'applique sèchement pour les non-vaccinés, c'est autant de soignants de ville qui ne pourront plus pratiquer. Un phénomène qui provoquerait, selon eux, "une insécurité sanitaire dans un territoire déjà touché par le manque d'offres de soin".

Des blouses blanches calmes mais déterminées


Une quarantaine d'entre eux (infirmières, masseurs-kinésithérapeutes et médecins libéraux), dont plusieurs en blouse blanche, se sont retrouvés devant les grilles de la préfecture afin de s'inviter à la Cellule Interministérielle de Crise du jour. Le but de la manoeuvre : dénoncer l'obligation vaccinale. Une manifestation dans le calme mais avec des soignants déterminés.

 

Covid-19 : infirmières libérales et Masseurs kinésithérapeutes libéraux demandent des explications au Préfet
©Antoine DEFIVES

 

Ils contestent et refusent donc l'obligation vaccinale qui leur est faite au 15 septembre. Pour eux, il y a une injustice par rapport aux autres salariés sous le coup de la dite obligation : la suspension du paiement des prestations par la Sécurité Sociale, comme leur a indiqué l'Agence Régionale de Santé de la Guyane et la CGSS dans un courrier envoyé en août.

Les professionnels libéraux sont aussi des chefs d'entreprise. Comme les autres socioprofessionnels, nous aimerions discuter des possibilités d'aides pour faire face à cette période de baisse d'activité.

Mylene MATHIEU présidente de l’Union Régionale des Professionnels de Santé Libéraux pour les infirmiers libéraux 
 


Mylene Mathieu, présidente de l’URPS pour les infirmiers libéraux, Geoffrey Chapelain, président de l’URPS pour les Masseurs kinésithérapeutes libéraux et une médecin ont été reçus par le préfet, Thierry Queffelec. Mais pas question pour eux d'assister à la CIC.

La relève des libéraux : un casse-tête


Les représentants des soignants libéraux ont remis au Préfet un dossier dressant un état des lieux de leur profession en Guyane et listant les conséquences de l'épidémie pour leur activité. Sans oublier les préconisations envoyées en juillet au Conseil Constitutionnel.

 

 

Alors que le préfet envisage de faire appel à des renforts, à des réserves de soignants pour pallier la carence en infirmiers libéraux au 15 septembre, les soignants rappellent qu'ils assurent également, aujourd'hui, l'essentiel des remplacements et des renforts en urgence dans les hôpitaux de Guyane.

"Nous avons une pratique professionnelle responsable. Nous n'avons eu aucun cas de contamination de soignant à individu soigné depuis le début de la crise alors que nous avons été longtemps démunis."

Mylene MATHIEU présidente de l’Union Régionale des Professionnels de Santé Libéraux pour les infirmiers libéraux 


Leur remplacement pour les prestations à domicile, chez des patients, serait ainsi très compliqué. Afin d'évaluer au mieux l'ampleur de la tâche, les soignants libéraux fourniront d'ici peu la liste des patients soignés chaque jours, chez eux, dans les quartiers, par les 206 infirmiers de Guyane.

 

Copie du courrier envoyé par l'ARS en août aux Infirmières libérales de Guyane
Copie du courrier envoyé par l'ARS en août aux Infirmières libérales de Guyane ©DR