Covid-19 : saturation des services de réanimation et des urgences au Centre hospitalier de l'ouest Guyanais

coronavirus guyane
Saturation des urgences du CHOG
©Guyane la 1ère
La situation est critique au service réanimation du CHOG. Plus de place en réanimation et manque de personnels qualifiés. Le Centre hospitalier de l’ouest guyanais, fait face, à une vague de patients covid atteints de formes graves. C’est un combat qui se joue au quotidien pour sauver des vies.

Un malade du covid au souffle inexistant qui respire cependant grace aux machines.

Appareil respiratoire au CHOG
©Guyane la 1ère

L’image de cet homme en soins critiques est représentative de tous ces patients plongés dans le coma.
En réanimation, les formes les plus sévères du covid sont bien là. Et durant cette troisième vague certains se sont réveillés d’autres pas… Flavien Godaux, infirmier en réanimation au CHOG :

C'est un patient qui est là depuis plus de 20 jours... On avait passé un cap et finalement il a replongé dans le covid... avec la défaillance de tous ses organes, on a du mal ... on fait le maximum mais c'est compliqué.

 

Un manque de personnel criant

Derrière les vitres feutrées des chambres de réanimation, les équipes médicales mènent un combat de chaque instant. Chaque soin, chaque geste compte pour la survie.

Quelques pas plus loin, une famille se prépare, pour un ultime adieu. Une femme de 40 ans, sans aucune pathologie, est décédée dans le service durant la nuit.
Adrien Grandom, infirmier en réanimation, malgré la fatigue, mobilise toute son énergie, au chevet d'un patient lui aussi gravement atteint. Il est venu de Lyon pour renforcer les équipes du CHOG.

Sept patients sur huit sont infectés par le covid, des formes graves que l'on arrive pas forcément à stabiliser et à guérir. Je pense que le variant brésilien y est pour quelque chose mais là l'hôpital est au bord de l'implosion. Il y a beaucoup de patients aux urgences qui décompensent qu'on ne peut pas forcément tous prendre en réa puisse que l'on est déjà plein. On manque d'effectifs, il faut vraiment que l'on fasse tous attention...


Dans ce service où la vie et la mort se côtoient, où le seuil entre les deux est parfois si mince, fragile, il n'y a pas l’ombre d’un relâchement de la part du personnel soignant en sous-effectif. Ces agents font beaucoup d’heures supplémentaires pour compenser le manque de personnel. La situation est critique, le service est complet. Ibrahim Lehida, médecin responsable de la réanimation au chog est désabusé :

Nous avons huit places et les huit places sont occupées. il y a un problème de personnel, il n'y a pas beaucoup de médecins et personnels para médical, infirmiers et aides-soignants et cette situation on la vit depuis plus d'un mois. Nous envoyons des patients en Métropole, c'est la carte que nous jouons aujourd'hui... il n'y a pas d'autre alternative...


Aucun de ces patients admis en réanimation n’est vacciné. Malgré la mobilisation sans relâche du personnel... la maladie s’accompagne de son lot de guérisons ou trajectoires cruelles qui se répètent depuis presque 18 mois.