L’ex-armurier de Saint-Georges, poursuivi pour trafic d’armes, acquitté par la justice brésilienne

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René-Claude Barthélemy acquité
Soulagé et déterminé à retrouver son activité, l'ex-armurier brandit le jugement qui lave son honneur ©L. Marot
René Claude Barthélémy, a été acquitté le mois dernier, en appel par la justice brésilienne. Déchu de son droit de vendre des armes en Guyane, il demande réparation et veut récupérer son agrément d’armurier. Il continue son combat, avec le soutien de l’association Trop Violans.
 

C’est peut-être la fin d’un long calvaire pour l’ancien armurier de Saint-Georges de l’Oyapock :


Dans les mains de René Claude Barthélémy, le jugement qui devrait mettre fin à cinq ans de cauchemar. Un acquittement en appel, obtenu devant le tribunal fédéral de Brasilia le 23 juin dernier.
En 2015 à Macapa, l’ex-armurier de Saint-Georges de l’Oyapock avait été condamné à 10 ans de prison pour trafic d’armes entre la Guyane et le Brésil. Avec le soutien de l’association Trop Violans, il a toujours clamé son innocence
 

« C’était basé sur des soupçons et des écoutes téléphoniques.... ils ont ensuite fait des montages. Le Tribunal, le 23 juin a confirmé mon acquittement et mon innocence, parce qu’effectivement, je m’étais jamais adonné à aucun type de trafic. »

René-Claude Barthélemy, ancien armurier à Saint-Georges de l’Oyapock


Selon son avocat joint à Macapa, la justice brésilienne a aussi reconnu la légalité de son commerce. Quant aux armes saisies au Brésil durant l’enquête, la plupart venaient d’une autre armurerie guyanaise.
 

L’ex-armurier veut maintenant être indemnisé et rouvrir son magasin :


 Après 19 mois de prison à Macapa, René Claude Barthélémy a regagné Cayenne fin 2016 lors d’une permission. Condamné au Brésil, il perd son agrément d’armurier début 2018 par décision du préfet. La même année, les gendarmes saisissent son stock d’armes, après avoir défoncé les portes de son magasin. Le commerce est aujourd’hui fermé. Deux ans plus tard, il demande réparation
 

« Je demande au préfet de Guyane de me rendre mes armes, mes munitions, tout ce qu’ils ont pris chez moi. Il faut que je travaille dans mon pays et que mes droits soient rétablis et que la préfecture n’indemnise, sur le fond, sur la manière de m’avoir traité comme un gangster ! »

René-Claude Barthélemy, ancien armurier à Saint-Georges de l’Oyapock

 

Trop Violans aux côtés de l’armurier innocent :


 En 2018, l’association Trop Violans médiatise l’affaire pour soutenir ce commerçant alors au bout du rouleau.
 
Trop Violans
©DR

« Ca fait plaisir ! C’est ça aussi la vocation de Trop Violans, accompagner des victimes leur donner de l’espoir, parce qu’il faut qu’on est de l’espoir pour trouver la force pour se battre ».

Yvane Goua, porte-parole de l’association « Trop Violans »


L'armurier accusé à tort reste affecté par l’épreuve :


Il peut à nouveau circuler au Brésil, mais il ne compte pas s’y rendre de sitôt, même s’il a trois enfants de l’autre côté de la frontière.
Selon son avocat brésilien, le ministère public de l’Amapa peut encore déposer un recours devant la cour suprême du Brésil. Mais vu les circonstances et l’invalidation de la procédure en appel, cela semble très peu probable.

Le reportage de Guyane La 1ère :
René Claude Barthélémy, condamné en 2015 à dix ans et demi de prison pour trafic d'armes avec le Brésil. Il a été acquitté en appel par la justice brésilienne. Aujourd'hui l'ancien armurier soutenu par Trop Violens veut maintenant récupérer son agrément.
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