Foncier en Guyane : la Safer, à quoi ça sert ?

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Champs canne Saint-Laurent
©D.B
La Safer de Guyane a été créée le 10 mai dernier à Cayenne, dans la continuité des accords de Guyane de 2017. Christian Epailly est le nouveau président de l'opérateur foncier agricole depuis ce matin. L'occasion de faire le point sur les missions et les outils de la Safer de Guyane.

Issue des lois d’orientation agricole de 1960 et 1962, une Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural) est avant tout une société anonyme, sans but lucratif avec des missions d’intérêt général. Ses actions relèvent des tribunaux judiciaires (tribunaux de grandes instances, cours d’appel et Cour de cassation).

Une Safer en Guyane : un projet né en 2017

Réclamée depuis les mandats d'Elie Castor dès 1981, la Safer de Guyane a été créée dans la continuité des accords de Guyane de 2017. L'objectif : permettre la régulation par les opérateurs guyanais du marché foncier agricole local et accompagner les producteurs dans leur installation. 

La Safer de Guyane permet ainsi à tout porteur de projet (agricole, artisanal, de service, résidentiel ou environnemental) de s’installer en milieu rural. Des projets qui doivent être en cohérence avec les politiques locales et répondre à l’intérêt général.

Tournée vers l’avenir, face aux enjeux fonciers actuels et spécifiques du territoire, la Safer de Guyane intègre les objectifs de développement durable au service de l’agriculture locale pour répondre aux besoins alimentaires et de protection des terres agricoles et des ressources naturelles.

La Safer de Guyane a ainsi plusieurs missions :

  • – Étendre les superficies agricoles de manière contrôlée (Aménagements et mise en valeur de surfaces agricoles utiles pour de nouveaux agriculteurs, mobilisation de surfaces agricoles utiles existantes non exploitées),
  • – Améliorer et accélérer le processus d’accès à un foncier agricole de qualité (Faciliter l’installation agricole en termes de délais, privilégier l’accès à des terrains mis en valeur),
  • – Protéger la surface agricole utile contre le mitage et la spéculation foncière.

A ce titre, 20 000 ha devraient être mis à disposition de la SAFER de Guyane comme signé dans les accords de Guyane.

Le droit de préemption toujours trés attendu

Pour mener à bien son rôle, l'un des futurs outils de la Safer de Guyane est le droit de préemption (Articles L 143-1 et suivants du code rural). L'opérateur foncier agricole guyanais, tout juste créé, n'en dispose pas encore.

Un droit de préemption exigé par les agriculteurs guyanais lors des mouvements sociaux de 2017 afin de mieux préserver les terres agricoles pour pouvoir subvenir aux besoins de la population et répondre aux objectifs et enjeux de l’État, dont l’autosuffisance alimentaire 

Il permettra à la Safer de Guyane de mieux contrôler à la fois le prix et l'attribution des terres agricoles.

Un enjeu politique

Ce précieux droit de préemption accordé par la loi au cas par cas doit être voté par les députés à l'Assemblée nationale. Un futur cheval de bataille pour les parlementaires guyanais qui souhaitent voir ce droit accordé avant les élections présidentielles de 2022.