Grève : pas de collectes d’ordures aujourd’hui sur certains circuits de ramassage de l’agglomération de Cayenne

social
Grève à la G2C
Les salariés ont spontanément organisé un piqué de grève devant l'entreprise ©DR
Débrayage et mouvement de grève spontanés à Guyane Collecte Collectivité (G2C), une entreprise de collecte et de recyclage des déchets ménagers et industriels. Des négociations devraient débuter après le dépôt d'un cahier de revendication et la désignation de représentants du personnel.
 

Plus de ramassage des bacs vert et jaune, tant que le chauffeur mis à pied ne sera pas réintégré :


L’étincelle qui a mis le feu aux poudres, c’est la mise à pied pour mesure disciplinaire d’un chauffeur de camion de ramassage d’ordures, au motif (selon les grévistes) qu’il n’avait pas effectué sa tournée complète. Un comble, car selon le secrétaire général du syndicat UTG, Yannick Xavier, si la tournée ne s’est pas faite ce jour-là, c’est parce qu’il n’y avait pas de camion de disponible :
 

« Il n’y avait pas de camion disponible ce jour-là... Les salariés qui étaient là depuis 02h du matin n’ont pu commencer leur tournée qu’à 09h du matin, quand un camion a été disponible... »

Yannick Xavier, secrétaire général de l'Union des Travailleurs Guyanais (UTG)



De son côté, la direction qui « ne souhaite pas communiquer », nous a expliqué que le principal grief qui est fait au salarié est d’être resté sur site en attendant d’avoir un camion de disponible et son attitude...

L’entreprise affirme avoir déjà eu 5 cas de salariés contaminés à la Covid-19. Il est donc interdit aux employés de rester sur site dans ce cas de figure. Consigne qu'il n'aurait pas suivi...

Mais ce que ne comprennent pas les salariés, c’est qu’à l’origine, toute l’équipe du camion (le chauffeur + 2 ripeurs) avait été mise à pied. Et qu’aujourd’hui, seul le chauffeur serait encore sous le coup d’une sanction disciplinaire.
 

Une société plusieurs fois pénalisée pour non-respect du cahier des charges :


La société G2C a décroché auprès de la CACL, le marché du ramassage des ordures ménagères pour plusieurs circuits de collecte dans le chef-lieu.

Selon nos informations, quand elle a décroché le marché, la société s’était engagée à renouveler son parc de camions bennes. Des véhicules qui n’ont pas tout de suite été remplacés, et quand ils l’ont été, c’était par des véhicules d’occasion. 

Plusieurs plaintes ont été déposées, par des habitants du centre-ville incommodés par la mauvaise qualité de la prestation (fortes odeurs à l’approche des camions, présence récurrente de lixiviats sur la chaussée). Ce qui a conduit la Communauté du Centre Littoral de Guyane (CACL) à lui infliger plusieurs pénalités pour contrat mal exécuté.

Selon d’autres informations la société serait aujourd’hui en redressement judiciaire. Une situation qui pourrait expliquer les divers dysfonctionnements dénoncés par les salariés et les usagers.
 

Les autres revendications :


Comme souvent en cas de débrayage, d’autres demandes sont venues alimenter le cahier de revendication des grévistes :
  • La remise aux normes du parc de camion 
  • Le rattrapage des disparités entre salariés à poste équivalant
  • L’arrêt des retenues injustifiées sur salaire
Un parc de véhicule qui interpelle !
5 Les grévistes dénoncent des véhicules non entretenus ©DR
Un parc de véhicule qui interpelle !
Des véhicules en panne, stationnés avec les bennes encore pleines ©DR
Un parc de véhicule qui interpelle !
Des canions usagés ©DR
Un parc de véhicule qui interpelle !
Des véhicules en panne et qui n'ont pas passé le contrôle technique ©DR
Un parc de véhicule qui interpelle !
Des camions encore pleins ©DR
 

La CACL recherche des alternatives pour remplacer le ramassage :


En attendant que les négociations s’engagent, la CACL, donneuse d’ordre dans ce dossier, a sollicité ses autres prestataires pour pallier la carence de Guyane Collecte Collectivité. 

Car il ne faut pas oublier que nous sommes en pleine épidémie le leptospirose (la maladie du rat), et que le non ramassage des ordures ménagères vient compliquer, voire annuler toutes les autres opérations de prévention et de dératisation. 

 
Les Outre-mer en continu
Accéder au live