Médecins français et brésiliens se rencontrent à Oiapoque

coronavirus est guyanais
Médecins Français et brésiliens se rencontrent à Oiapoque
©Agence Régionale de Santé de Guyane
Lundi, une équipe de médecins s’est rendue à Oiapoque. L’objectif : faire le point des besoins dans les différents services de santé de la ville brésilienne qui dénombre 6 morts de la COVID 19.
La situation est très grave mais pas apocalyptique. Quatre médecins (généralistes, urgentiste, anesthésiste-réanimateur) ont traversé le fleuve pour dresser un état des lieux de la situation sanitaire dans la ville frontalière. La maire d'Oiapoque, Mairia Orlanda a lancé un appel à l'aide le 12 mai dans un courrier adressé à la directrice générale de l'ARS. La mission envoyée à Oiapoque a été mise en place, en réponse, par l'ARS. Il y avait des médecins mais aussi le chargé de la coopération à l'ARS Guyane
 
Medecins oiapoque
Une équipe de médecins de Saint-Georges à visité l'unité sentinelle de prise en charge Covid, le laboratoire Lafron et l'hôpital d'Oiapoque. ©Agence Régionale de Santé de Guyane
Premier constat : il y aurait plus de 1100 cas suspects à Oiapoque et 517 cas confirmés. Néanmoins, le nombre de cas graves est en-deça des estimations : 10 évacuations sanitaires vers Macapá depuis le début de l'épidémie, dont 4 décès. Deux décès sur place.
 

Ruptures de stock

L’équipe française a visité l’Unité sentinelle où les premiers soins sont dispensés. Médicaments, modalités des tests, services d'assistance sociale et psychologique, types d'EPI utilisés : tout a été passé en revue.
Médecins oiapoque
A l'hôpital d'Oiapoque, les médecins ont pointé le manque récurrent d'oxygène médical. ©Agence Régionale de Santé de Guyane
A l’hôpital oiapockois, les médecins brésiliens ont souligné le manque récurrent en oxygène médical.
Les médecins français se sont rendus enfin au Lafron (Laboratoire Frontalier). Valmir Correa, chef du laboratoire, a détaillé les difficultés rencontrées pour effectuer les examens à Oiapoque.
Le souci principal demeure le manque de cartouches de réactifs pour leur automate, un équipement capable de faire jusqu'à 4 examens en une heure et demie. Faute de réactifs, les prélévements sont envoyés à Macapa pour un rendu des résultats dans un délai de 10 à 30 jours.
Médecins oiapoque
Les moyens de dépistage d'Oiapoque sont en panne et il n'y a plus de tests rapides. ©Prefeitura de Oiapoque
Les professionnels de santé française ont constaté que si le système de santé brésilien est fragile, l'organisation locale de la filière de lutte contre le COVID parait adaptée. Une aide est envisagée, en particulier pour l’approvisionnement en moyens de dépistage, en médicament et en oxygène médical.
Hier, par décret, la Municipalité d’Oiapoque a prorogé les mesures établies le 8 avril : confinement strict maintenu, déplacements limités aux activités essentielles et port du masque obligatoire dans les espaces publics et dans les commerces.
Dans la 2ème quinzaine de mai, l’ARS Guyane a déjà envoyé à Oiapoque 200 masques FFP2, 2 500 masques chirurgicaux, six mille gants et trois mille charlottes pour le personnel de santé brésilien. A cela s’ajoute une aide en oxygène pour assister les patients gravement atteints. L’ARS indique aussi avoir  préparé une filière d’achat d’oxygène médical auprès de la société Air Liquide basée au Centre Spatial de Kourou, mais cette filière peine à se mettre en place pour des raisons juridiques brésiliennes, qui l’agence tente de solutionner.

Voir ici le reportage de Laurent Marot et Claude Joseph

 
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