Un nouveau champignon identifié en Guyane

environnement
ONF Nouveau Champignon Hydnocristella delavalii GRUHN
Début 2020, Gérald Gruhn et son équipe du réseau mycologie de l'Office national des forêts (ONF) ont découvert une nouvelle espèce pour la science en Guyane, baptisée Hydnocristella delavalii. ©Gérald GRUHN/ONF
Les forestiers du réseau mycologie de l'Office National des Forêts (ONF) ont découvert une nouvelle espèce dans la Réserve naturelle des Nouragues. Baptisée Hydnocristella Delavalii, elle se distingue par la forme très originale de ses spores.
Peau blanche et veloutée. Une odeure agréable de forêt, de sous bois. L’Hydnocristella Delavalii est un champignon lignicole, c’est-à-dire qui mange le bois.
Elle a été prélevée sur un tronc, à l’occasion d’une mission d’inventaire et de prospection menée par Gérald Gruhn, animateur du réseau mycologie à l'Office National des Forêts. Ce dernier est toujours très ému lorsqu’il évoque le premier regard posé sur la Hydnocristella.
 

« C’est surtout en la regardant au microscope, j’ai tout de suite vu que c’était une rareté. Elle a des spores en forme de bouteille d‘une célèbre eau gazeuse américaine. Moi, je n’ai jamais rien vu de telle et pourtant j’ai passé des milliers de champignons sous mon microscope. »

Gérald Gruhn, animateur du réseau mycologie à l'Office National des Forêts

 
ONF Nouveau Champignon Hydnocristella delavalii
©Gérald GRUHN/ONF
En pleine jungle tropicale, dans la Réserve naturelle des Nouragues, l’Hydnocristella Delavalii vit sur le bois mort mais ne dédaigne pas de tracer son sillon sur un tronc encore debout.
Non comestible, elle va surtout aider à mieux comprendre les écosystèmes des forêts guyanaises. L'ONF tente en effet de préserver le bois mort en forêt et de mieux comprendre la fonge (l'ensemble des champignons). Cette dernière décompose le bois mort en matière organique assimilée par les plantes. 
 

« Soit le champignon va dégrader ce bois et donc pouvoir remettre en circulation toutes les molécules du bois. Parfois, surtout , pour les champignons qui se développent sur des plantes vivantes, il va y avoir des systèmes de symbiose. Du coup le champignon va pouvoir s’alimenter et en échange mettre à disposition des minéraux ou faciliter les échanges gazeux ou avec des minéraux en se développant sur des racines, par exemple, des plantes. »

Jennifer Devillechabrolle, conservatrice de la Réserve naturelle des Nouragues


La majorité des plantes vivent en symbiose avec les champignons qui leur fournissent eau et matières chimiques. En retour elles leur procurent de la nourriture.
 
ONF Nouveau Champignon Hydnocristella delavalii DEVILLECHABROLLE
©Isabel LEROUGE

Prélevée en 2018, l’Hydnocristella Delavalii, ne sera reconnue officiellement comme une nouvelle espèce que début 2020.
 

« Ça met toujours du temps entre le moment où l’on prélève l’individu, qu’on le décrit qu’on le compare, voir si cela existe déjà ou pas. Puis, ensuite, il faut décliner tous les critères pour être sûr que c’est une nouvelle espèce, trouver le nom… »

Jennifer Devillechabrolle, conservatrice de la Réserve naturelle des Nouragues


Hydnocristella delavalii. Un nom en hommage à l’ancienne conservatrice de la Réserve des Nouragues, Marguerite Delaval.
A ce jour, sur l'ensemble des champignons récoltés en zone tropicale, un tiers peuvent être nommés. Un tiers ne peuvent pas être étudiés car trop jeunes, trop pollués, ou entremêlés avec d'autres espèces. Enfin, un tiers sont des espèces nouvelles à décrire.
 
ONF Nouveau Champignon Hydnocristella delavalii
©Gérald GRUHN/ONF
 
Contribuer à l'étude de la biodiversité
Le réseau mycologie de l'ONF travaille, entre autres missions, avec les données récoltées par les membres de iNaturalist. Ce projet citoyen permet d'identifier les animaux, insectes ou plantes. Un promeneur prend une photo d'un animal ou d'une plante. Elle est transmise, via une application ou le site internet, à une base de données de plus de 13 000 espèces sourcées par une communauté de plus de 400 000 naturalistes et passionnés.
En Guyane, 6480 observations de la faune et de la flore locale ont été réalisées par 224 adeptes. 
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