Opérations Harpie : les parlementaires pointent le manque de moyens

orpaillage guyane
Opérations Harpie : les parlementaires pointent le manque de moyens
©Laurent Marot

Les militaires et les gendarmes engagés dans les opérations Harpie manquent de moyens aériens et de communication, et la loi n’est pas assez adaptée à leurs missions. C’est l’un des constats fait par la délégation parlementaire qui s’est rendue en décembre dernier sur notre territoire.

L’effort de l’Etat est significatif, les moyens déployés contre l’orpaillage clandestin sont importants, mais encore insuffisants…C’est le constat des dix députés et sénateurs venus en décembre rencontrer les forces armées de Guyane…parmi les freins, l’inadaptation de la loi lors des opérations contre les garimpeiros.

Opérations Harpie : les parlementaires pointent le manque de moyens
André Chassaigne, député ( parti communiste) membre de la commission de la défense nationale et des forces armées

Dans les cas courants, faute de pouvoir transférer rapidement dans les locaux de garde à vue, les personnes interpellées, celles ci ne font l'objet, dans la plupart des cas, que d'une obligation de quitter le territoire français, exprimée verbalement.

André CHASSAIGNE, député ( parti communiste ) membre de la commission de la défense nationale et des forces armées

 

Autre constat : la faiblesse des moyens aériens pour couvrir un territoire forestier grand comme le Portugal. Le sénateur Cédric Perrin rapporte que «  le point noir est la disponibilité des hélicoptères. L’âge moyen de la flotte est de 44 ans (…) Pour les Puma, il faut 18 heures de maintenance pour une heure de vol, et la disponibilité était de (…) 47 % en 2020 ».
En cause, le manque de « disponibilité des pièces de rechange et la vétusté des matériels ». « On ne peut pas faire de miracles avec des appareils de 44 ans d’âge ! », s’exclame le sénateur. « Le ravitaillement des soldats en forêt en souffre », ajoute-t-il. En Guyane, la délégation parlementaire a « rencontré des légionnaires » qui venaient de passer «72 jours en autonomie totale en forêt parce qu’ils n’avaient pas pu être évacués par manque de disponibilité des hélicoptères ».

Opérations Harpie : les parlementaires pointent le manque de moyens

Autre constat de la délégation : l’insuffisance de la coopération avec le Surinam et le Brésil, bases arrière des chercheurs d’or clandestins.

Opérations Harpie : les parlementaires pointent le manque de moyens
Françoise Dumas, députée ( La République en Marche), présidente de la commission de la défense nationale et des forces armées.

Vous voyez notamment sur les bords du Maroni, nous avions face à nous, un certain nombre de comptoirs qui réceptionnent l'or extrait du territoire guyanais.

Françoise DUMAS, députée (La République En Marche), présidente de la commission de la défense nationale et des forces armées

Dans ces conditions, des questions de fond posées par les parlementaires restent sans réponse.

Où partent les fonds? où l'or est vendu? on ne sait pas trop !

André CHASSAIGNE, député (Parti Communiste), membre de la commission de la défense nationale et des forces armées

Opérations Harpie : les parlementaires pointent le manque de moyens

L’opération Harpie « ne permet que de maintenir l’orpaillage à bas niveau, mais pas de l’éradiquer », indique le sénateur Cédric Perrin dans son compte-rendu. Parmi les pistes de solution : l’adaptation du droit aux spécificités locales et la création d’un délit minier aggravé quand il s’agit d’espace protégé.

 

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