Orpaillage illégal et cocaïne : L'union des trafics à Régina

orpaillage est guyanais
Fleuve Approuague
L'Approuague ©Jessy Xavier

Dealers de cocaïne et informateurs pour les orpailleurs illégaux à Régina. 4 hommes mis en cause. Une banale affaire de trafic de stupéfiants dévoile à nouveau les liens étroits entre l'orpaillage illégal et les complicités dans les communes guyanaises.

Quatre hommes seront jugés le 5 Octobre 2021 devant le tribunal judiciaire de Matoury pour trafic de stupéfiants. Ils sont aussi accusés d'avoir aidés au trafic de l'orpaillage illégal en Guyane. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils ont interdiction d’être sur la commune de Régina.

Un trafic de cannabis, de cocaïne et de crack. Des dealers à la mesure du nombre d’habitants de la petite commune rurale de Régina (moins de 1000 habitants) Pas de trafic de drogue à grande échelle. Cette affaire en dévoile une autre: les liens parfois étroits entre des habitants des villages et des orpailleurs illégaux.

Armée CSG

L’enquête de la gendarmerie de Regina débute comme une banale affaire de trafic de stupéfiants. 4 hommes sont suspectés. Le plus jeune a 21 ans, le plus âgé 44 ans. Ils sont soupçonnés de vendre du cannabis, du crack ou encore de la cocaïne sur la commune de Régina. Les écoutes téléphoniques prouveraient le trafic de drogue. Les écoutes et les témoignages lancent les enquêteurs sur une autre piste. Les dealers seraient aussi des informateurs pour les orpailleurs illégaux.

Samuel Finielz, procureur de la république
Samuel Finielz, procureur de la république ©J.Helgoualch

Ils informaient les orpailleurs des patrouilles présentes sur la commune et de la présence des militaires lors de la préparation d’une mission pour des contrôles sur l’Approuague.

Samuel Finielz, procureur de la république à Cayenne

Le bourg de Régina se situe juste au bord du fleuve Approuague. Un des secteurs de Guyane ou des centaines de garimpeiros travaillent illégalement pour y extraire de l’or. Le trafic de l'or génère d'énormes profits.

L'arrivée des militaires pour des missions Harpie de lutte contre l’orpaillage illégal ne passe pas inaperçue au village. Le départ d’une pirogue de la gendarmerie peut aussi être repéré rapidement. Ces 4 hommes sont aussi suspectés d’avoir fait office de «sonnette» dans le langage garimpeiros. En clair, Ils alertaient les orpailleurs illégaux et les convoyeurs de marchandises ravitaillant les sites clandestins de l'Approuague, des futures missions des FAG sur le fleuve.

Dispositif harpie

Cette affaire montre une nouvelle fois, les liens étroits entre les activités criminelles en Guyane. Les communes rurales ne sont pas épargnées par les trafics et les complicités avec les orpailleurs illégaux précise le procureur de la république.

Ces 4 personnes, toujours dans un esprit de profit, renseignaient les orpailleurs illégaux sur les patrouilles des Forces Armées de Guyane qui partaient sur le fleuve. Cela permettait aux pirogues d’orpailleurs illégaux et de ravitaillements de passer sur le fleuve au moment où il n’y avait pas de militaires sur l’Approuague. Là vous avez des gens qui font un trafic de stupéfiants. Ils font aussi des complicités avec l’orpaillage illégal. Les activités criminelles sont toujours liées.

Samuel Finielz, procureur de la république à Cayenne

Les 4 hommes sont placés sous contrôle judiciaire. Interdiction de se rendre sur la commune de Régina. Jugement : le 5 octobre 2021.