Rapport du WWF : quelles espèces de Guyane concernées par la chute des populations vertébrées ?

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Tortue luth à Rémire-Montjoly
©Réseau Tortues Marines de Guyane (FB)
Partout dans le monde, de nombreux animaux sont en danger, prouve le rapport Planète Vivante 2022 de WWF. Ils sont menacés par le changement climatique ou par les activités de l'Homme. Les animaux de Guyane ne sont pas épargnés.

Le 13 octobre 2022, l'organisation WWF (World Wide Fund for Nature) a publié son rapport "Planète Vivante 2022". Dans ce document de près de 120 pages, le Fonds Mondial pour la Nature relate un fait accablant : entre 1970 et 2018, les populations mondiales de vertébrés, oiseaux, poissons, mammifères,  amphibiens et reptiles ont décliné en moyenne de 69 %.

Les tortues luths, premières victimes

Parmi ces animaux, la tortue luth. Elles se raréfient de façon rapide, selon le WWF. On observe une chute de 60 % de leur population de l’Atlantique nord. Dans l’Ouest de la Guyane, la perte est de plus de 95 % en 20 ans. Elles sont menacées par la pêche illégale, puisque les femelles adultes sont capturées accidentellement dans des filets. Cette activité menace aussi le dauphin de Guyane, l'un des plus petits au monde. En septembre 2022, pour la première fois, WWF Guyane n'en a observé aucun sur nos côtes.

Puis, il y a le changement climatique. Dans le rapport Planète Vivante, le WWF note que "le changement climatique est à l’origine de la disparition des populations de plus de 1 000 espèces végétales et animales." Le phénomène entraine à lui seul l’érosion des plages (les tortues ne pourront plus pondre sur les plages) et la hausse de la température du sable, ce qui modifie le "sex-ratio" des jeunes tortues. Plus il est chaud, plus il y aura de femelles, créant un déséquilibre. 

16 % des mammifères marins et 13 % des oiseaux menacés

Déjà fragilisée, l'espèce est encore plus en danger... et ce n'est pas la seule. D'après la liste rouge de l'UICN et de la DEAL Guyane, qui recensent les espèces menacées : 16 % des mammifères marins,13 % des oiseaux et des poissons, ainsi que 10 % des reptiles sont considérés comme menacés en Guyane. 

La menace principale des espèces, c'est la transformation et la destruction des habitats naturels, et notamment des savanes et de la forêt.

Laurent KELLE, Responsable du bureau WWF Guyane

Le Petit chevalier (Tringa flavipes) est un oiseau que l'on voit, normalement, dans le ciel guyanais au mois de septembre. "Au Suriname, cette espèce est suivie et elle a baissé de 75 % en 10 ans", explique Laurent Kelle.

D'autres espèces ont carrément disparu, c'est le cas des poissons-scie. Ils étaient nombreux dans les eaux de Guyane jusqu'aux années 1960. "Maintenant, on a des observations de cette espèce tous les trois ou quatre ans", déplore le responsable du bureau WWF Guyane. La pratique de la pêche commerciale est en cause dans cette quasi-disparition.

Autre espèce menacée par l'érosion des plages, conséquence du changement climatique : le Gravelot de Wilson. Ce petit oiseau est présent dans l'Ouest Guyanais. Une vingtaine de couples se reproduisent sur les bandes sableuses du littoral. En cas d'érosion et d'inondation, leur reproduction est mise en danger.

Néanmoins, il y a un peu d'espoir, notamment pour la tortue olivâtre. Elle était menacée par les captures accidentelles liées au chalutage crevettier. Désormais, la menace est éliminée grâce au travail mené entre les organismes de protection de l'environnement et les professionnels de la pêche.