Rémire-Montjoly: des craintes d'expropriation dans l' opération d'intérêt national secteur Lindor Beauregard

aménagement du territoire
Secteur d'une future OIN
Secteur d'une future OIN ©J Helgoualch

Si des parcelles squattées en Guyane pourraient empêcher l’aboutissement d’opérations foncières de grande envergure, une autre situation interpelle : celle des propriétaires privés qui risquent l’expropriation si un accord amiable n’est pas trouvé avec l’opérateur.

La menace d'une expulsion hante certains habitants du secteur de Lindor Beauregard à Remire Montjoly. 143 hectares détenus par des propriétaires privés doivent intégrer une Opération d'Interêt National. Le projet prévoit la construction d' établissements scolaires, d'équipements publics, de nouvelles routes et de logements sociaux. 

Denis Girou, directeur de l'EPFAG
Denis Girou, directeur de l'EPFAG ©J Helgoualch

L’établissement public foncier et d’aménagement de la Guyane (l’EPFAG) pilote l’opération et doit acquérir toutes ces terres. Une réserve foncière qui implique le rachat des parcelles concernées par cette OIN. Denis Girou, le directeur de l ‘EPFAG précise

Il peut arriver, il pourra arriver, que s’il n’y a pas d’accord possible avec des propriétaires ou si on ne retrouve pas tous les propriétaires, il y ait des procédures d’expulsion dans le cadre du projet d’intérêt général. Dans ce cas-là, le terrain est payé au prix juste qui est estimé par le service des domaines.

Denis Girou , directeur de l'EPFAG

Amazone Garage à Rémire-Montjoly
Amazone Garage à Rémire-Montjoly ©J Helgoualch

Un garage se situe en plein cœur de ce projet d’urbanisme du secteur Lindor Beauregard de Rémire-Montjoly. L’établissement de Karl Ruvet est installé au bord de la route allant du quartier du parc Lindor à la route du Tigre, sur les terres dont il a hérité.

Karl Ruvet, propriétaire d'un garage
Karl Ruvet, propriétaire d'un garage ©J Helgoualch

Le chef d’entreprise s’inquiète de devoir peut être abandonné son outil de travail, après avoir été exproprié.

On est en train de nous mettre la carde au cou pour qu’on puisse lâcher le bien qu’on a tenu pendant 20 ans. Imaginez-vous ! Vous avez travaillé sur votre terrain durant 20 ans  et on vous dit du jour au lendemain, on va vous exproprier pour faire des logements sociaux !

Karl Ruvet, carrossier et propiétaire à Rémire-Montjoly

Henri Claude Cedia est un autre membre de la famille, concerné lui aussi par cette opération foncière dans le secteur. Henri Claude Cédia craint de perdre ses terres et de devoir les vendre à un prix modique.

Henri-Claude Cédia, propriétaire de terrains secteur Lindor Beauregard
Henri-Claude Cédia, propriétaire de terrains secteur Lindor Beauregard ©J Helgoualch

On a reçu un courrier nous disant qu’on allait nous exproprier et que au cas où nous ne serions pas expropriés, ils feront une préemption sur le terrain. En clair, si nous voulons vendre , on est obligé de passer par eux et le tarif qu’ils nous proposent, ce n’est pas le même que celui qu’on voulait.

 

Le prix proposé est entre 20 ET 24 euros. Nous, ça fait 20 ans qu’on a le terrain, 20 ans que je dépose des dossiers, des permis de construire et 20 ans qu’on me refuse en disant que le PLU (plan local d’urbanisme) ne s’y prêtait pas et maintenant que le PLU a changé, on nous dit qu’on va nous exproprier.

Henri-Claude Cédia, propriétaire de terrains

Denis Girou, directeur de l'EPFAG
Denis Girou, directeur de l'EPFAG ©J Helgoualch

Le directeur de l’EPFA se veut rassurant. Des activités commerciales déjà en place pourraient être intégrées dans le projet, mais tout en précisant que l’intérêt général prévaut toujours dans des situations de conflits.

Le plan guide d’aménagement qui est réalisé détermine la façon dont se répartissent les activités. Quand il y a des activités préexistantes et que le commerce ou le garage veut les conserver, autant que possible, par rapport à l’intérêt général; on essaye de le faire.

Denis Girou, directeur de l'EPFAG

Secteur d'une future OIN
Secteur d'une future OIN ©J Helgoualch

Les négociations avec les propriétaires se poursuivent. Certains veulent vendre, d’autres espèrent encore pouvoir sauver leurs commerces ou leurs maisons et éviter une expropriation. Une enquête publique a été menée ce mois-ci sur ce projet. Elle se termine ce vendredi. Le commissaire enquêteur devra donner ses conclusions et rapporter les craintes et les doléances des citoyens qui se sont exprimés à ce sujet.

Le reportage de Jocelyne Helgoualch et Frederic Larzabal

Opération d'intérèt national et expropriations.

 

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