Violences contre les femmes : que faire dans l’urgence ?

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La permanence du Samu social
L'accueil au Samu Social ©FL
Sortir d’une situation violente n’est pas toujours facile, mais des interlocuteurs existent pour accompagner les femmes vers la reconstruction en Guyane. A chaque étape ses acteurs. Avant la mise à l’abri et la réparation légale, tout commence par la gestion de l’urgence.

En cas de menace imminente, il faut appeler le 17. Les forces de l’ordre sont les premières à pouvoir intervenir pour interpeller l’agresseur et prendre la déposition de la victime. 

Avoir les bons réflexes 

Les suites immédiates d’une situation violente peuvent permettre de récolter des preuves qui aideront une procédure judiciaire à aboutir. Tout commence par un dépôt de plainte et une constatation des blessures. C’est une étape difficile à vivre, car il faut dévoiler son intimité.
L’Association d’Aide aux Victimes d’Infractions Pénales (AAVIP 973) propose un accompagnement dans ces démarches. Une permanence téléphonique est ouverte du lundi au vendredi, entre 8h et 17h : il faut appeler le 06 94 95 34 03. 
Cette association agréée par le Ministère de la Justice peut aussi orienter les victimes tout au long de la procédure judiciaire. Elle agit en réseau avec les autres acteurs de l’accompagnement des femmes victimes de violence. 
AGAV, association guyanaise d'Aide aux victimes présente sur tout le territoire assure un accueil de jour et téléphonique en cas d'urgence, il faut appeler le 0694 950102 ou le 0594 354872.

 

Être mise à l’abri 

La question du logement est cruciale. Si une femme souhaite être mise à l’abri d’un compagnon ou environnement violent, elle peut contacter le 115 et taper 2. L’appel est alors redirigé vers l’équipe du Samu Social, qui pose des questions pour comprendre la situation et proposer une solution adaptée. 
Une mise à l’abri d’urgence est possible pendant 5 jours, partour en Guyane. Ce temps peut paraître court, mais il s’agit avant tout d’une phase d’évaluation des besoins et dangers. L’hébergement se fait souvent à l’hôtel, avec ou sans les enfants. Pendant ces 5 jours, la victime rencontre plusieurs professionnels pour comprendre les dispositifs qui lui sont proposés. 
Le Samu Social peut ensuite prolonger certains hébergements. L’organisation dispose de quelques appartements qui peuvent être attribués pour 6 mois renouvelables. La personne accueillie suit alors un parcours d’insertion : elle est aidée dans sa recherche de logement social et éventuellement, d’emploi ou formation. 

L’association l’Arbre Fromager propose aussi des hébergements d’urgence. Un appartement dans Cayenne peut accueillir une femme et ses enfants pendant 4 à 6 semaines maximum. L’association dispose aussi de 24 places d’hébergement à plus long terme, associées à un accompagnement social et psychologique. 

Se reconstruire avec l’aide des autres 

Tout ce parcours est une démarche collective. A chaque étape, les victimes doivent être accompagnées et soutenues. Au-delà de trouver un logement et des opportunités professionnelles pour prendre un nouveau départ, la reconstruction est aussi psychologique. Les victimes de violences peuvent développer des troubles de stress aigu ou post traumatique : angoisses, hypersensibilité à la violence, etc… 

L’association l’Arbre Fromager ouvre les portes de ses locaux situés 1, rue Arago, à quelques pas de la place des Amandiers, tous les matins entre 8h et 12h, du lundi au vendredi. Les femmes peuvent passer librement pour prendre une pause, boire un café, discuter ou rencontrer des psychologues. De nombreux ateliers sont aussi proposés. 

Pour celles qui ne sont pas à Cayenne, l’Arbre Fromager tient une permanence téléphonique l’après-midi. L’association est joignable au 0594 38 05 05. 

L’Arbre Fromager prend en charge 1300 femmes par an. Pour cette association comme pour le Samu Social, les moyens et les places d’hébergement manquent. Mais les travailleuses de ces équipes sont déterminées à trouver des solutions aux urgences, malgré tout. Elles savent aussi que les femmes retournent en moyenne sept fois auprès de leur compagnon violent avant de réussir à le quitter. Ces aidantes sont résolues à être présentes à chaque tentative.