Plus de 1000 personnes pour dire stop à l’insécurité à Cayenne

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La foule des manifestants, place de Grenoble
Les manifestants devant la Préfecture, qui attendent la sortie de la délégation, reçue par le Préfet. ©Benoit Thérèze
La marche contre l’insécurité a été décidée après le meurtre de Maurice Chen Ten You. Une manifestation qui a reliée le Stade de Baduel à la Préfecture, et qui a fortement mobilisé les Cayennais. Pour les résultats concrets, il faudra attendre un nouveau point fin août.
Des manifestants reprennent en chœur «  la Guyane lévé ». D’autres scandent « la sécurité, ce n’est pas une fatalité », accompagnés par les klaxons des camions en bout de cortège. Plus de 1000 personnes étaient ce matin dans les rues de Cayenne.
Dans la foule, des jeunes, des moins jeunes, quelques personnes âgés. Quelques soient leurs origines, qu’elles soient venues seule, en famille, avec des amis, ou entre collègues, toutes les personnes ont convergé ensemble vers la place de Grenoble. « C’est important de s’unir pour que ça s’arrête. C’est plus possible. Aujourd’hui, il faut être solidaire contre cette violence » dit Murielle, présente dans le cortège.
Derrière elle, des manifestants brandissent des pancartes. « Exigeons des moyens, on en a marre », « Halte à la terreur,  organisons-nous », peut-on lire. Des messages de colère pour alerter les pouvoirs publics. « Il faut que l’Etat prennent des mesures plus importantes, nous ne pouvons plus vivre dans cette situation », estime Barbara.
 

L’avenue du Général de Gaulle remplie


Dans la foule, des personnes qui ont déjà été confrontées à des situations d’insécurité sont présentes. Ivonne, retraitée,  tenait à participer à cette marche. Elle a mis son réveil plus tôt que d’habitude pour ne pas manquer le départ.  « J’ai eu des voleurs qui sont venus chez moi, ils ont voulu rentrer en cassant une fenêtre, alors qu’il y avait du monde à l’intérieur. Il faut que ça s’arrête » clame-t-elle.
Une marche dont beaucoup espèrent qu’elle va faire évoluer la situation.  Virginie, est maman de trois enfants. « Je suis inquiète pour eux, je ne souhaite pas les voir vivre dans une société qui ne garantit pas la sécurité», explique-t-elle.
Parti à 8h30 du stade de Baduel, le cortège avance à un rythme relativement rapide. Au fil de sa progression, de nouveaux manifestants viennent grossir les rangs. Vers 10 heures, l’avenue du Général de Gaulle est remplie. « Je ne me souviens pas avoir déjà vu autant de monde dans un rassemblement ici à Cayenne »,  commente Jean-Pierre, un jeune retraité, surpris par l’ampleur de la manifestation.
 

Nouvelle réunion fin août pour faire le point

 
Quelques minutes plus tard, le millier de manifestants arrive place de Grenoble. Le comité d’organisation entre dans la préfecture pour remettre au préfet la motion (voir ci-dessous). Il est reçu par Martin Jaeger, en présence du procureur de la République, Eric Vaillant, et des représentants des forces de l’ordre - Olivier Le Cardinal pour la police et le général Patrick Valentini pour la gendarmerie.
Dans la salle de réunion, on entend la foule restée à l’extérieur, qui répète inlassablement les mêmes slogans. Au point que Martin Jaeger, demande à être équipé d’un micro pour se faire entendre autour de la table. La presse est priée de quitter la salle.
A l’issu de la réunion, le préfet annonce qu’il y aura un suivi avec les organisateurs de la manifestation. Ils feront le point ensemble fin août, puis de nouveau à la fin de l’année.
A 11 h30, il n’y a plus que quelques dizaines de personnes. Mais la vie n’a pas immédiatement repris son cours habituel dans les rues de Cayenne. Les rideaux des commerces, qui avaient fermé pour l’occasion, étaient encore baissés. La réouverture s'est faite l'apès-midi. 

La motion remise au préfet