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Haïti : bientôt un nouveau gouvernement après la démission du Premier ministre

Le président haïtien Jovenel Moïse a annoncé, dans une adresse à la nation samedi soir, que son nouveau gouvernement sera "inclusif" pour "soulager la misère", quelques heures après la démission du Premier ministre, suite aux violences meurtrières du week-end dernier.
 

Le Premier ministre démissionnaire Jack-Guy Lafontant (au centre). © Pierre Michel Jean/AFP
© Pierre Michel Jean/AFP Le Premier ministre démissionnaire Jack-Guy Lafontant (au centre).
  • La1ere.fr (avec AFP)
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Dans sa courte allocution en créole diffusée sur la télévision d'État, Jovenel Moïse a déclaré vouloir "rassembler toutes les forces vives de la nation, sans perdre de temps, pour former un gouvernement inclusif qui aura pour mission de soulager la misère du peuple, développer l'agriculture, l'énergie et les infrastructures à travers le pays".
               
Haïti reste marqué par la vague de violence soudaine déclenchée le 6 juillet par une tentative du gouvernement d'augmenter les prix des carburants. Une semaine après que la colère populaire ait paralysé la majorité des routes et des villes du pays, surtout Port-au-Prince, le Premier ministre Jack-Guy Lafontant a finalement annoncé sa démission samedi après-midi.
               

Manifestants

"Avant de venir ici, j'ai remis ma démission au président de la République. (...) Le président de la République a accepté ma démission et, comme je vous dis, je suis au service de la République", a déclaré Jack Guy Lafontant devant les députés. Accompagné de l'ensemble de ses ministres, le chef du gouvernement était à la Chambre des députés car les parlementaires exigeant son départ du pouvoir l'avaient convoqué. Vendredi il assurait sur Twitter qu'il ne démissionnerait pas mais Jack Guy Lafontant a finalement annoncé son départ du pouvoir au cours de la séance, échappant ainsi à un vote-sanction des députés.
               
Plusieurs centaines de manifestants ont par ailleurs défilé samedi dans les rues de la capitale Port-au-Prince pour exiger le départ du Premier ministre mais aussi du président Jovenel Moïse. "Ça n'est pas seulement une question de changer le Premier ministre car, de jour en jour, le peuple souffre toujours plus de la misère, du chômage, de l'insécurité, de la faim", a témoigné Fleurette Pierre. "Jovenel doit aussi partir, mais pas en exil : il va aller directement en prison pour l'argent gaspillé", a ajouté la manifestante, qui vit dans un des quartiers les plus pauvres de la capitale.
               

Adresse à la nation

Dans son adresse à la nation, le président haïtien a dit comprendre "la situation de beaucoup de nos compatriotes que le chômage, la faim et la misère font souffrir", tout en expliquant que "la violence ne fonctionne ni avec le développement ni la démocratie".
               
Vendredi dernier, le gouvernement avait annoncé la hausse des prix de l'essence de 38%, du gazole de 47% et du kérosène de 51%, à compter du samedi 7 juillet à minuit. Les principales villes et routes d'Haïti ont alors été hérissées de barricades, qui ont paralysé toute activité. La violence a été la plus vive dans Port-au-Prince, proie d'incendies volontaires et de pillages durant le week-end. Au moins quatre personnes ont été tuées.
               

Tractations

Le gouvernement est revenu sur sa décision moins de 24 heures après son annonce mais, choqués par l'absence de réponse politique aux violences, plusieurs secteurs de la société haïtienne ont, dès lundi, exigé la démission de Jack Guy Lafontant. Médecin de profession, Jack Guy Lafontant, inconnu de la classe politique haïtienne jusqu'à sa nomination en février, est un ami de Jovenel Moïse, au pouvoir depuis le 7 février 2017.
               
Le chef de l'État doit désormais choisir un nouveau Premier ministre, un exercice politique toujours complexe en Haïti : avant qu'un gouvernement ne commence à travailler, sa politique générale doit être validée par les deux chambres du Parlement. Déjà samedi, certains contestataires ont dit craindre de voir la classe politique oublier les revendications sociales, lors de leurs tractations pour la mise sur pied du futur gouvernement.
 

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